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le Pandora d'Olonne !
 
Pandora (Pandoriana pandoriana)C'était en Vendée, et plus précisément en forêt d'Olonne…
 
Le moment venu, et quasi rituellement, nous allions y chasser le pandora (ci-contre ! ) avec le secret espoir de prendre la fort rare variété lilicina. Propre à la région elle se caractérise par des dessous d'ailes plus ou moins lilas au lieu de l'habituel verdâtre.
 
En cette journée de juin le temps était superbe, les très attractifs troènes en pleine floraison, et les papillons étaient eux-mêmes au rendez-vous. Comme à l'accoutumée, du moins pour l'époque, nous étions près d'une demi-douzaine de filets sur le terrain, jeunes et moins jeunes chassant de concert.
 
Ce jour-là Michel Coupat était encore parmi nous, et par-delà son extrême gentillesse, sa simplicité, et ses éminentes qualités d'entomologiste, on peut dire que c'était un personnage comme il s'en rencontre peu.
 
Petit et sec comme un coup de trique, l'œil clair et malicieux en diable, le sourire débordant et la brosse neigeuse, tel était notre homme. Il avait cependant 2 autres particularités, que l'on pourrait qualifier de physiques tant elles étaient indissociables de sa personne.
 
De fait, où qu'il soit, et quoi qu'il fasse, il ne se départissait jamais d'un nœud papillon qu'il portait le plus souvent rouge, et pas davantage d'un long fume cigarettes où les gitanes maïs n'en finissaient pas de se consumer.
 
À vrai dire il avait une autre particularité, et en l'occurrence une manière très personnelle de conduire sa Simca 1000, bras droits tendus, mains gantées de vieux cuir accolées au plus haut du volant, et surtout accélérateur rivé au plancher dès l'instant où 100 m de bitume se profilaient en ligne droite devant le capot.
 
Il conduisait cependant fort bien, et se conduisait de même, sinon je ne serais pas là pour l'écrire. Reste que l'état de la route, ou sa configuration, semblaient des notions pour lui dépassées…. et en toute logique le compteur attestait bien souvent de ce dépassement !
 
Pour pleinement apprécier le propos il faut avoir été à la "place du mort", la bien nommée, d'autant que l'engin en question avait la fâcheuse réputation de tenir la route comme une savonnette tant sa puissance outrepassait le poids.
 
Pour en revenir à nos bestioles, d'ailleurs assez nombreuses cette année-là, chacun suait et peinait depuis des heures, sans avoir vu l'ombre du moindre lilicina. Nous commencions quelque peu à désespérer quand tout à coup notre Michel Coupat se manifeste à grand renfort de cris, et en tenant haut levé la boîte de chasse où il avait l'habitude d'épingler ses captures.
 
C'était on ne peut clair, et bien entendu nous nous précipitons pour voir la petite merveille et chaudement féliciter l'heureux chasseur. Nous arrivons le souffle court et les questions fusent : est-il frais ? est-ce un mâle ? une femelle ? est-il bien typé ? où l'avez-vous pris ?
 
Dans le même temps, et avec une lenteur toute Hitchcockienne, la fameuse boîte daigne s'entrouvrir, puis d'un coup révéler son trésor…
 
Soigneusement épinglé en son centre, nous découvrons alors le fameux papillon...... ou plus exactement le non moins fameux nœud papillon de notre vieil ami !
 
La forêt doit encore résonner de son rire, mais aussi du nôtre, et une fois les zygomatiques de chacun apaisés, il nous confia avoir eu trop chaud, et tout simplement ressenti le besoin de se dégrafer.
 
Pour conclure on peut dire que cet instant est resté doublement mémorable car d'une part nous étions totalement tombés dans le panneau, et par ailleurs nous n'avions jamais vu notre facétieux compagnon sans ce qu'il appelait son "hélice", même quand il traquait le carabe au fin fond des forêts bretonnes et normandes.
 
 
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