ACCUEIL - COLEOPTERES - LEPIDOPTERES - AUTRES -VIDEOS - HISTORIETTES - NEWS - LIENS - WANTED ! - MAILS d'OR -
 
 
LE CIGARIER (Deporaus betulae) !
( Coléoptère Curculionidae )
 
 (page 2 sur 3)
   
 
- pour quitter les agrandissements faire "page précédente" dans votre navigateur -
 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il me semble bon de situer ces insectes dans leur contexte "familial ", lequel est caractérisé par le foisonnement des espèces, et par des particularismes biologiques qui s'apparentent parfois à de véritables "curiosités".

Les "Cigariers" sont de petits Coléoptères qui relèvent de la gigantesque famille des Curculionidae, autrement dit des "Charançons", au sens très large du terme. Les "membres" de cette famille sont principalement caractérisés par la présence d' un "rostre" plus ou moins allongé, lequel prolonge la tête et porte les pièces buccales à son extrémité. Le rostre en question peut parfois égaler la longueur du corps, comme chez les Balanins que j'ai la faiblesse de trouver charmants (ci-dessous).

balanins, avec gland et noisettes perforés
Suivant les espèces, les larves des curieux balanins évoluent dans les glands ou les noisettes.
A l'inverse le rostre peut être court et massif, comme chez la Bruche du haricot (cf. page entomo) bestiole qui sous forme de larve ou d'adulte peut se retrouver dans votre assiette, et bien souvent aller au-delà à votre insu. Personne n'en meurt (à part l'insecte!), mais sauf à être entomophage (voir page entomo!) défiez-vous de la "mojette" ou du "lingot" porteur d'une petite tache noire plus ou moins diffuse. Il s'agit en effet de la bruche qui attend tranquillement son heure, et transparaît ainsi sous l'enveloppe du haricot où sa larve s'est développée. Quant à cette dernière disons qu'elle se confond aisément avec le germe de la graine....no comment !
 
 
Les "Cigariers"

cigariers (deporaus betulae)L'espèce qui a initié cette page entomo est le Deporaus betulae (= femoralis Latr. = femoratus ol.), lequel vit donc sur le Bouleau, mais aussi sur l'Aulne, ou encore le Charme. Adultes et larves sont phytophages, comme le sont tous les Curculionidae.

L'insecte (ci-contre), est noir, très petit, et la traditionnelle allumette permet d'en juger. Le mâle se distingue aisément par l'ampleur de ses fémurs postérieurs ( bestiole de droite), lesquels valent largement les biceps du célèbre "Popey". Reste que tout le mérite de l'ouvrage revient à la femelle, le minuscule insecte témoignant pour ce faire d'une force très inattendue, et d'un savoir faire qui pour être instinctif n'en surprend pas moins.

Il est des espèces plus grosses (de l'ordre du double), et plus vivement colorées (comme ci-dessous). Il en est surtout de nuisibles, notamment pour la vigne, l'insecte adulte provoquant la chute des jeunes pousses en les attaquant à la base.
 
Quelques exemplesautres cigariers (espèces "colorées") de cigariers très "colorés"
 
Chez les Cigariers tout se passe au niveau de la reproduction, et en l'occurrence de la ponte. Notre Deporaus betulae ne fait pas exception à la règle, et on peut même dire qu'il compte parmi les espèces les plus "douées", comme les cigares ci-dessous en témoignent.
 
exemples de cigares confectionnées par deporaus betulae cigare isolé sur aulne groupe de cigares, sur aulne
Ces 4 exemples montrent le découpage classique, et en quelque sorte standard. Les variantes, voire les "ratés" (si l'on peut dire), ne sont pas rares, qu'il s'agisse de la découpe de la feuille ou de son enroulement. A droite: cigares "in situ" (ensemble et détail)
 
 
découpe d'une feuille d'aulne par deporaus betulae
Découpage d'une feuille d'aulne de 7 cm de large
(je rappelle que notre bestiole fait 3 mm de long, et le rostre quelques dixièmes)
 
 
Il va sans dire que tout cela représente un véritable travail de titan, et que l'insecte n'a pas trop de ses 6 pattes (et de son rostre!), pour le mener à bien. Là encore l'illustration ci-dessous est particulière éloquente.
 
A noter qu'il n'est pas toujours évident de trouver la bestiole, et encore moins de la surprendre en plein ouvrage, car outre sa petitesse elle s'envole volontiers ou se laisse tomber non moins facilement. A noter également qu'une même femelle est à coup sûr capable de confectionner plusieurs cigares, mais j'avoue en ignorer le nombre. A l'occasion, merci à qui pourra me le préciser!
 
l'oeuvre....comparaison entre le cigare, et son artisan.....et son artisan !
à gauche: remarquer la taille du cigare (frais fait vu la couleur), en regard de l'allumette.
à droite: remarquer celle de la bestiole en regard de son "cigare"
( à l'évidence ces images donnent toute la mesure de la tâche, et de l'énergie déployée par la mener à bien).
 
Selon l'espèce, le "cigare" servira de réceptacle à un ou plusieurs oeufs, puis le moment venu de nourriture pour la, ou les, larves. Les choses sont cependant moins simples qu'il n'y paraît, car le cigare en question doit impérativement tomber, et cela pour 2 raisons. D'une part la nymphose de l'insecte se fait dans le sol, et d'autre part le cigare doit bénéficier d'une certaine humidité pour être consommable. En d'autres termes un cigare qui ne tombe pas devient rapidement immangeable pour la jeune larve, car trop dur, et surtout trop sec , comme le saucisson du même nom peut parfois le devenir.
 
Par voie de conséquence, la nervure centrale doit être attaquée "pile poil" de façon à permettre à la fois la confection du cigare, et sa chute ultérieure, ( à l'occasion d'un coup de vent par exemple). Trop attaquée, et le futur cigare tombera en cours d'ouvrage. Pas assez attaquée, et le cigare restera appendu, ou tombera trop tardivement, d'où la condamnation ipso facto de la larvule.
 
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr