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le SPHINX TÊTE de MORT (Acherontia atropos) !
(Lépidoptère Sphingidae)
 
(page 5 sur 5)
 
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La chrysalide !

L'enterrage !

 
Lorsqu'elle arrive à maturité la chenille du Sphinx tête de mort abandonne la plante nourricière pour chercher un lieu propice à la nymphose, et c'est souvent là qu'on découvre que les chipolatas peuvent être jaunes, grises, ou orangées .... et avoir des pattes ! Ces vadrouilles en quelque sorte pré-nymphales sont pratiquées par de nombreuses espèces de chenilles. Le plus souvent les bestioles vont bon train, droit devant, et sans donner l'impression de vraiment savoir où elles vont .... mais croyez-moi elles y vont !
 
Quand la chenille de notre Sphinx a trouvé un terrain à sa convenance elle s'y enterre plus ou moins profondément, selon la nature et la consistance du sol, afin d'y aménager une loge ovoïde au demeurant très spacieuse. Dans le meilleur des cas la loge va se situer à une vingtaine de cm de la surface, et dans le pire le dessous d'une grosse pierre trouvée en chemin fera l'affaire.
 
Comble du raffinement, notre chenille d'atropos est capable de littéralement s'auto-lubrifier afin de faciliter sa pénétration dans le sol, tout en protégeant un épiderme à l'évidence fort fragile. Là où d'autres secrètent de la soie, la bestiole a également la faculté de produire une sorte de liant salivaire permettant d' imprégner les parois de la loge, et d'ainsi renforcer leur résistance tout en permettant au futur papillon de se libérer le moment venu. A cet égard vous noterez que le développement des ailes, et leur séchage, se font à l'air libre. C'est donc une chose assez informe, qui telle une taupe, va devoir creuser pour gagner la surface.
 
enterrage de la chenille d'atropos (cliché 1 ) enterrage de la chenille d'atropos (cliché 2 ) enterrage de la chenille d'atropos (cliché 3 ) 

exemples d'enterrages .... et ici en vidéo !

 
autre exemple d'enterrage de la chenille d'atropos (cliché 1 ) autre exemple d'enterrage de la chenille d'atropos (cliché 2 ) autre exemple d'enterrage de la chenille d'atropos (cliché 3 )
 
La mue nymphale !
 
Une fois la tâche achevée, et donc la loge à son goût, la chenille qui a déjà beaucoup perdu de sa mobilité, et de ses rondeurs initiales, va achever de se ratatiner au point de passer pour morte ... avant de faire sa "mue nymphale", c'est à dire de se transformer en chrysalide. Une semaine se sera écoulée depuis l'enterrage, et trois autres seront nécessaires pour obtenir l'émergence du papillon, du moins dans les conditions optimales. Je rappelle en effet que la température a une forte incidence sur la durée du développement, et que les chrysalides de seconde génération survivent rarement à nos hivers.
 
Comme les photos ci-dessous le montrent, la mue nymphale est l'aboutissement d'un processus où les organes de la chenille se sont vus remplacés par ceux de la chrysalide. ... lesquels seront à leur tour remplacés par ceux du papillon ... lors d'une ultime métamorphose !
 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), début de la mue nymphale.. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), mue nymphale, suite 1 Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), mue nymphale, suite 2
ci-dessus à gauche: chenille d'atropos juste avant de muer; au centre: la "vieille peau" se fend; à droite: la chrysalide en devenir apparaît;
ci-dessous : la "chenille" (si l'on peut dire ! ) passe en position dorsale pour permettre le refoulement de la mue, puis la libération de la chrysalide nouvellement formée
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), mue nymphale, suite 3 suite 4 Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), mue nymphale, fin.
 
 
 La chrysalide ... dans tous ses états !
 
chenille d'atropos prête à s'enterrer chenilles d'atropos en pré-nymphose Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide juste formée, photo 1. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide juste formée, photo 2 Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) , panel de chrysalides montrant la progressivité de la pigmentation.
ci-dessus, de gauche à droite: 1)- chenille "mûre", juste avant  enterrage; 2)- chenilles fortement "ratatinées", et donc très proches de la mue nymphale; 3 & 4)- chrysalides juste après leur formation, et donc molles, non pigmentées, et bien sûr très fragiles. 5)- illustration de la progressivité de la pigmentation et de la sclérification, autrement dit du durcissement de l'enveloppe chitineuse;
chrysalide d'atropos tout juste formée chrysalide d'atropos tout juste formée chrysalide d'atropos dans sa loge groupe de chrysalides d'atropos
de gauche à droite: 1 & 2)- autres exemples de chrysalides fraîchement formées, et donc incomplètement pigmentées, et durcies.  
  3)- chrysalide d'atropos dans sa loge; 4)- chrysalides extraites (pour mise en éclosoir).
 
Du sable ... rien que du sable !

Désireux de ne pas "perdre une miette" de la mue nymphale, et du processus l'y conduisant, j'ai maintenu une chenille mûre hors substrat (et donc "à nu") dans une boîte à chaussures en plastique. Comme il fallait s'y attendre la bestiole a entrepris d'y "tournicoter" tous azimuts, pratiquement en continu, son instinct la poussant à s'enterrer et donc à trouver une "terre d'accueil" ... présentement inexistante !

Au bout de quelques jours, comme prévu là encore, les tours de piste se sont faits moins nombreux, moins rapides, et la chenille a commencé à se rétracter, prémices tangibles de la nymphose. Dans le même temps et là ce n'était pas prévu, elle a commencé à "perdre les eaux", et à littéralement y patauger, l'accroissement de leur volume allant de paire avec le ratatinement de la chenille. Au final les 5 cc ont été à coup sûr dépassés, et c'est bien sûr ce liquide pré-nymphal (a priori homologue de la soie chez les espèces coconneuses) qui sert de liant lors de la construction de la loge.

Si un pro passe par là je suis preneur de toute info sur la question, notamment sur la composition de ce liquide pré-nymphal, et ses possibles analogies avec la production séricigène des espèces "coconneuses" (Grand paon nuit par exemple ! ). D'avance merci !

 
Là où la terre peut se tasser, le sable demeure à la fois friable et incompressible. Dans la mesure où ces loges sont entièrement constituées de sable, cela donne toute la mesure du volume et des qualités du liquide pré-nymphal servant de liant. Merci à l'ami Marc Guillet http://passions.entomologie.free.fr/ , pour m'avoir donné l'occasion de réaliser ces peu banales photographies.

Le sexe des chrysalides !

 
Il suffit d'observer la face ventrale de l'extrémité abdominale ... et de savoir compter ! En effet l'anus est sur le 10e et dernier segment abdominal chez les 2 sexes, tandis que l'orifice génital de la femelle est situé sur le 8e, et celui de la ponte sur le 9e. Vous noterez que ces 2 derniers orifices sont souvent très rapprochés, limite contigus, voire confondus. En outre, et c'est là une bonne nouvelle, cette disposition est immuable, et valable pour toutes les espèces !
 
C'est donc très simple, du moins en théorie, car c'est souvent un peu plus délicat en pratique. Disons qu'il est préférable de disposer des 2 sexes afin d'utilement comparer, et qu'un peu de pratique ne nuit pas. En effet, bien que la disposition soit effectivement constante, la forme et la netteté des segments et des orifices peut varier selon les espèces ... voir au sein d'une même espèce !
 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide mâle, photo 1. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide mâle, photo 2.  Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide femelle, photo 1. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide femelle, photo 2. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide femelle, photo 3. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) chrysalide femelle, photo 4
de gauche à droite: 1 & 2)- chrysalides mâles: à suivre: panel de chrysalides femelles.
L'atropos faisant souvent dans la discrétion, le mieux est de s'en tenir à l'observation des seuls orifices: 1 = mâle; 2 contigus = femelle.
  
.... et la suite logique !
 
éclosion du Sphinx tête de mort (photo 1) éclosion du Sphinx tête de mort (photo 2) éclosion du Sphinx tête de mort (photo 3) éclosion du Sphinx tête de mort (photo 4)
"Naissance" et développement alaire d'un Sphinx tête de mort.
 
 
ensemble de l'oeil ....oeil du Sphinx tête de mort détail de yeux composés du Sphinx tête de mort ... et détail des facettes !
Les facettes, présentement très petites et très nombreuses, correspondent à des yeux simples appelés "ommatidies".
 
 
Pour les curieux ... et même très curieux !

Le "coeur" des insectes

Les insectes n'ont pas de coeur, au sens habituel du terme, mais ils sont dotés d'un vaisseau dorsal, avec une ampoule pulsatile au niveau de chaque segment. Le plus souvent incolore, le "sang" des insectes (appelé "hémolymphe") est ainsi acheminé vers l'avant du corps. Cela vaut également pour les larves, comme on peut le voir ci-dessous.

 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), mise en évidence du vaisseau dorsal de la chenille.






























(Lépidoptère Sphingidae)






























 






























(page 2 sur 5) 






























 






























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Intro !






























 






























Fut un temps où la seule évocation de ce papillon faisait frémir dans les chaumières. Bien entendu la bouteille d'eau bénite n'était jamais bien loin, une sainte aspersion ayant la vertu, entre autres propriétés, de parer au funeste présage annoncé par la survenue d'une bestiole qu'il suffisait d'entrapercevoir pour redouter le pire.






























 






























A l'époque j'étais tout gosse, mais il me souvient très bien du jour où la "bête" a eu la malencontreuse idée de venir trépasser dans la véranda de ma grand-mère. J'exagère à peine en disant qu'un bon demi litre d'eau quasi miraculeuse a été nécessaire pour conjurer le sort, avec interdiction absolue d'en parler à quiconque alentour ... des fois que !






























 






























A décharge, il faut bien reconnaître la force évocatrice du dessin thoracique, d'où l'appellation commune et scientifique de ce sphinx. Acherontia se réfère en effet à l' Achéron , fleuve des Enfers "que les ombres des morts traversaient sans retour", tandis qu' Atropos était la Parques qui "coupait le fil des jours", autrement dit celui de la vie. Tout un programme, et vous en conviendrez, pas des plus réjouissants !






























 






























Que dire de plus, sinon qu'au fil des ans et des biocides en tous genres, le "papillon du diable" s'en est allé, et les croyances de mauvais augure avec, du moins celles qui lui étaient attachées, car d'autres perdurent à coup sûr ça et là tout comme le recours à l'eau bénite, pour qui croît en ses bienfaits. 






























 






























 






























le Sphinx tête de mort ... ..  .... et son fameux "logo" 






























 






























Sauf à totalement manquer d'imagination, il est bien difficile de nier toute ressemblance, 






























mais le graphisme n'est pas toujours aussi réaliste, ni aussi tranché, et il peut même faire défaut dans la forme dite "obsoleta".






























 Pour le reste chacun voit midi à sa porte, et que celui qui n'a jamais lu un horoscope jette la première pierre ! 






























  






























Remerciements






























 






























Avant d'entrer dans le vif du sujet, sachez que la bestiole s'est longtemps appelée "Désirée", et que je commençais à vraiment désespérer de pouvoir lui consacrer une "page entomo". Il aura fallu l'aimable et très fortuite contribution de 2 internautes (avec 2 chenilles "sauvages" à la clé ! ), et surtout la gentillesse désintéressée d'un naturaliste havrais, photographe professionnel, qui a su passion garder ... et partager les quelques oeufs et chenillettes reçus ! Une fois encore, qu'ils en soient tous trois sincèrement remerciés ! 






























 






























 






























 Présentation






























 






























Le bien nommé "Sphinx tête de mort" est très largement répandu en Afrique, et avec une envergure alaire atteignant 12 à 13 cm, c'est le plus grand, et le plus gros des Sphingidae français, et même européens. 






























 






























C'est par excellence un papillon migrateur, et il nous arrive régulièrement d'Afrique du Nord, la traversée de la Méditerranée ne posant guère de problèmes à cet excellent voilier ( terme que je préfère au barbare "volateur", souvent employé en entomo...mais absent du dico ! ). J'ajouterais qu'il lui arrive de visiter nos voisins "Grands Bretons", et de parfois même atteindre les pays Scandinaves, avec quelques très exceptionnelles observations .... au niveau du cercle polaire .... excusez du peu !!!! 






























 






























En règle générale les atropos immigrants arrivent en Mai-Juin, et se reproduisent sur place, avec émergence de la nouvelle génération en Septembre-Octobre. Les chenilles issues de cette seconde fournée auront bien du mal à boucler, et si chrysalides il y a, elles seront le plus souvent totalement décimées par les gels hivernaux. Leur survie est toutefois possible là où les conditions climatiques du lieu ou de l'année sont favorables. Vous l'aurez compris, mieux vaut donc être Niçois que Lillois ... mais c'est toujours limite !






























 






























Avant la généralisation des insecticides, et autres biocides, ce papillon était relativement commun, la chenille appréciant tout particulièrement le feuillage des pommes de terres. Trouver des chrysalides à l'arrachage était d'ailleurs monnaie courante, mais la mécanisation des récoltes est venue donner le coup de grâce, ou peu s'en faut. 






























 






























 Sachez enfin que ce papillon est protégé en Suisse (Cantons de Vaud, de Schaffhouse, et de Thurgovie), et pour mémoire qu'il a eu les honneurs du Cinéma avec des films comme "Le silence des agneaux", ou encore "Un chien andalou" très étonnante et surréaliste oeuvre de 1928.






























 






























 






























   






























 






























Acherontia atropos ... comme si vous y étiez !






























 






























La bestiole peut étonner, intriguer, inquiéter, fasciner , répugner .... mais jamais indifférer ! 






























 






























  






























 






























Dimorphisme sexuel ! 






























Côté sexe, si j'ose dire, le dimorphisme est pratiquement nul. Les femelles sont généralement plus grandes, ce qui est quasi de règle chez les papillons. L'abdomen est aussi plus "avantageux" et plus obtus, mais ce n'est pas toujours patent, sauf à pouvoir comparer, comme ci-dessous. Cela vaut également pour les antennes, très ( trop ! ) discrètement différentes, ou encore pour le "frein" alaire qui demande un minimum d'expérience, et comme vous le verrez .... de bons yeux !






























 






























Elle ! ...   ... et lui !






























Illustration du dimorphisme des plaques dites génitales, et donc des extrémités abdominales en vues ventrales.






























 






























Pour les curieux ce frein alaire, ou "joug", est un étonnant dispositif propre à certains papillons nocturnes (dont les Sphingidae), qui permet d'améliorer la qualité du vol, par couplage des ailes antérieures avec les postérieures. Chez le mâle le couplage revêt la forme d'une étroite bride spiralée (située au bord de l'aile antérieure), qui tel un ressort s'enroule autour d'une très forte soie à base articulée, implantée en bordure de l'aile postérieure. Pour plus de détails, vous pouvez vous reporter à la page entomo consacrée au Sphinx du laurier rose, encore que les agrandissements des illustrations ci-dessous soient parfaitement explicites






























 






























le frein alaire.....    .....de l'atropos mâle






























à gauche: localisation du "frein" (voir sur agrandissement); au centre: repérage et détails du frein; à droite: détail l'enroulement de la bride sur la soie.






























 






























 






























Quelques spécificités ....






























 






























- le cri






























 






























Rien à voir avec le brame du cerf, ou le "cri qui tue", et c'est là une évidence. Reste que c'est suffisamment audible et surprenant pour ajouter à l' originalité de la bestiole, et à l'occasion à sa malfaisante réputation. Si le chat est connu pour miauler, et le chien aboyer, il est par contre difficile de définir si la bête piaule , crisse, couine, grince, ou autre chose encore. De surcroît l'émission sonore est susceptible de varier, un peu comme chez le grillon. Concrètement cela se traduit par des sons quasi plaintifs, faibles et espacés, ou au contraire puissants et rapprochés quand la bestiole est au plus fort de son excitation, comme ici , le fait d'être tenue par les ailes étant évidemment peu apprécié ! ( ne pas trop monter le son, risque de "déformations" ! ) 






























 






























L'origine de ce "cri" est longtemps restée plus ou moins obscure. Pour les uns les sons émis résultaient d'un frottement (comme ici chez le Grand capricorne du chêne), et pour d'autres il s'agissait d'une expulsion d'air par les voies trachéennes. En fait la bestiole a inventé l'harmonica bien avant l'Homme, car son fameux "cri" est schématiquement produit par le passage de l'air dans la trompe, via une lamelle pharyngienne pouvant se qualifier de "vibrante".






























 






























- la trompe






























 






























Chez de nombreux papillons de nuit la trompe est souvent plus ou moins atrophiée, voire carrément inexistante, d'où la brièveté d'une vie dévolue à la seule reproduction. En pareil cas les femelles disposent de réserves graisseuses, ce qui leur permet de "tenir le coup", et surtout d'assurer la ponte dans de bonnes conditions. Le sort des mâles est généralement moins enviable, et pour tout dire scellé en quelques jours, sinon quelques heures, l'essentiel étant pour eux de faire ce qu'ils doivent faire ...et font toujours !






























 






























Parmi les butineurs la majorité opère très classiquement, c'est à dire au posé. Les autres, très minoritaires, préfèrent le vol stationnaire, à la manière d'un colibri , d'où une trompe "à rallonge" (si je puis dire ! ), celle du Sphinx du liseron, ci-dessous à droite, dépassant par exemple les 10 cm, ce qui constitue un record, du moins pour notre faune.






























 






























Le Sphinx tête de mort se démarque nettement du lot avec une trompe à la fois très courte, très robuste, et néanmoins très acérée. Cela l'oblige bien sûr à se poser pour s'alimenter, mais ce véritable épieu lui permet d'aisément "piocher" dans les fruits avancés, ou encore de se sustenter sur les exsudations d'arbres blessés ou malades, et à l'occasion de "craquer" pour une gâterie .... à haut risque !






























 






























 






























     






























de gauche à droite: 1)- trompe d'atropos déroulée (remarquez sa brièveté, guère plus du centimètre); 2)- trompe isolée ( remarquez la taille, la puissance, et la pointe particulièrement acérée) 3)- détail de l'apex de la trompe d'atropos; 4 & 5)- à titre comparatif, la spiritrompe à la fois très longue, très fine, et très fragile du Sphinx du liseron (Agrius convolvuli). Vous noterez qu'il s'agit d'un nourrissage à base d'eau miellée.






























 






























 .... et le nourrissage manuel !






























Là où certains papillons effectuent leur ponte d'une traite, ou encore en l'espace de quelques jours, l'atropos prend son temps, et c'est encore peu dire. Il s'ensuit une durée de vie pouvant atteindre plusieurs semaines pour les femelles (limite le mois ! ), d'où l'obligation de les nourrir en élevage. L'eau miellée est appréciée par la bête, mais les indispensables manipulations le sont nettement moins, tel le déroulage manuel de la très robuste trompe. L'expérience de l'éleveur, sa dextérité, et le "ventre affamé" de la bestiole permettent d'arriver au résultat ci-dessous, et aussi étonnant que cela puisse paraître la bête finit souvent par s'habituer ... jusqu'à un certain point !






























 






























    






























Le nourrissage des "reproducteurs" ! ... et ici en vidéo !






























La petitesse des "abreuvoirs" permet d'apprécier le volume ingurgité, et limite le risque de les voir transformés en visqueuses "pataugeoires", comme ci-dessus à droite. Bien affamé ce papillon est capable d'absorber la totalité du contenu (soit 1 cm3), mais en règle générale la moitié suffit à le contenter. A la fin de leur repas les bestioles ont fréquemment tendance à "piquer du nez" dans leur coupelle ... comme mon père le faisait dans son assiette !






























 






























- la défense






























 






























La position de repos, ci-dessous à gauche, constitue déjà une défense, en l'occurrence passive. Quand la menace se précise le papillon ouvre d'un coup ses ailes, ce qui donne la mesure de sa taille, et fait surtout apparaître les zébrures abdominales jaunes et noires qui valent un panneau "stop" au pays des bestioles. Ces couleurs sont en effet celles d'insectes piqueurs redoutables, et redoutés, tels les guêpes et frelons. A l'occasion le fameux "cri" ajoute à l'intimidation, et pour tout dire au bluff, d'autant qu'il peut aller crescendo en intensité, et surtout en fréquence. 






























 






























défense passive par mimétisme   ...et active ...là aussi par mimétisme !






























Au repos, à gauche, le papillon passe aisément inaperçu, mais s'il est inquiété, dérangé, agressé, l'entrouverture brutale des ailes fait apparaître des zébrures jaunes et noires, synonymes de danger par analogie avec les guêpes, frelons, et autres bestioles "piqueuses". Il s'agit bien sûr d'un bluff, mais l'agresseur peut s'en trouver dissuadé, ou décontenancé .... et l'agressé sauvé ... CQFD !






























 






























Les tibias des pattes intermédiaires et postérieures sont dotés de très robustes et acérées "épines" (savamment appelées "apophyses épineuses" ! ). Sans être vraiment douloureux le ressenti de la piqûre est néanmoins à la mesure de la puissance des pattes, et l'effet de surprise ajoute évidemment à son efficience. Bien entendu les "coups de pattes" sont plus désordonnés que ciblés, mais il s'en trouve toujours pour arriver ... là où il faut ! 






























 






























  






























Qui s'y frotte s'y pique !






























à gauche: patte intermédiaire "armée" de 2 épines; au centre: patte postérieure dotée cette fois de 4 épines; à droite: détail.






























 






























 






























Dans les cas extrêmes la bestiole serait susceptible de "poignarder" l'agresseur, en usant de sa trompe comme d'un rostre. J'avoue n'avoir aucune certitude, mis à part le fait que ce soit mécaniquement possible, compte tenu de la puissance de l'insecte, mais aussi de la robustesse et de l'acéré de la trompe. 






























 






























Toujours au titre des incertitudes j'ai observé un curieux comportement, et ce à plusieurs reprises, et avec des individus différents. Tenue par les ailes la bestiole recourbe son abdomen, s'en empare, et les pattes antérieures en "plument" l'extrémité à toute vitesse. Autant dire que les poils volent, mais en l'absence de propriétés urticantes peut-on y voir un vrai bluff défensif, ou une simple réaction réflexe sans véritable signifiance.






























  






























Pour clore ce chapitre, vous noterez qu' en matière de sécurité (industrie, B.T.P., etc...) notre signalétique emprunte en quelque sorte au monde des insectes, car par convention normalisée l'alternance de zébrures jaunes et noires est toujours synonyme de danger. Ce choix n'est certainement pas fortuit, et on peut même le qualifier de judicieux dans la mesure où il s'inspire de la crainte généralement ressentie face à tout insecte arborant ce type de graphisme. En pareil cas il s'ensuit de notre part un recul systématique, quasi réflexe, et c'est précisément cette réaction salutaire qui est recherchée en matière de sécurité. 






























 






























- le "péché mignon"






























 






























Le Sphinx tête de mort est bien connu des apiculteurs, du moins là où ce papillon n'est pas rare. Il est en effet si friand de miel, qu'il n'hésite pas à pénétrer dans les ruches pour s'y goinfrer sans vergogne, sa robuste trompe ayant tôt fait d'y éventrer les rayons "mielleux".






























 






























Face à l'intrusion les abeilles peuvent se montrer relativement passives, le pillard en profitant pour quasiment puiser à sa guise, et quitter le "restaurant" sans coup férir. En fait tout se passe très vite, tel un raid, et non sans fébrilité, comme si la gourmande bestiole pressentait les risques encourus, et le fait que ses hôtesses puissent à l'occasion changer d'avis ...sans préavis !






























 






























En d'autres circonstances l'accueil est de fait plus mitigé, voire carrément hostile. Au mieux, notre Sphinx se verra contraint de piteusement battre en retraite, et d'aller chercher pitance en d'autres lieux. Au pire, les aiguillons venimeux finiront par avoir raison de l'épaisse toison du papillon, et à terme l'apiculteur découvrira le cadavre de l'intrus tout enrobé de propolis ( substance résineuse naturelle, récoltée par les abeilles, et utilisée comme matériau de colmatage ).






























 






























Cela étant, vous conviendrez que ces divergences comportementales suscitent bien des questions. Personnellement je pense que l'olfaction joue un rôle déterminant, mais je ne saurais en dire plus. Si un visiteur averti peut éclairer ma lanterne, je suis évidemment preneur, et même des 2 mains !






























 






























Pour conclure ce chapitre, je dirais que la quantité de miel prélevée par le papillon est insignifiante, et que le dérangement causé dans la ruche ( si branle bas de combat il y a ! ) est à peine plus préjudiciable, du moins en regard du "Varroa" (Varroa jacobsoni, voir site), minuscule acarien parasite pouvant compromettre le devenir même de la ruche.






























 






























L'accouplement






























 






























Bien que l'accouplement et la ponte de ce Sphinx soient censés nécessiter un espace vital important (de l'ordre du m3 à en croire la littérature spécialisée), il est tout à fait possible d'obtenir d'excellents résultats avec des volumes beaucoup plus réduits. De fait, les bourriches à poissons ci-dessous figurées, souveraines en d'autres circonstances, ont là encore fait leurs preuves. Elles se sont mêmes avérées plus pratiques que l'enceinte grillagée réalisée pour la circonstance, d'autant qu'il s'agissait d'un élevage totalement hors saison (en l'occurrence au coeur de l'hiver), d'où la nécessité d'installer ladite enceinte en intérieur chauffé … à savoir dans un bureau pas vraiment " fait pour " ! 






























 






























  






























à gauche et au centre: entre superposition et juxtaposition, tel se présente l'accouplement ("flashé") des atropos.






























à droite: la fameuse enceinte grillagée (80 x100), très vite abandonnée au profit des bourriches (35 x 60) ... "made in Decathlon" ! 






























 






























   






























de gauche à droite: 1 à 3)- dérangés dans leurs oeuvres ces couples se sont placés "tête-bêche",






























position semble-t-il inhabituelle chez atropos, mais classique chez les autres espèces deSphinx.






























au centre: preuve de la "fusion" des abdomens ... si besoin était !






























 le SPHINX TÊTE de MORT (Acherontia atropos) !






























(Lépidoptère Sphingidae)






























 






























(page 2 sur 5) 






























 






























 - pour quitter les agrandissements, et les vidéos,  faire "page précédente" dans votre navigateur - 






























 






























Intro !






























 






























Fut un temps où la seule évocation de ce papillon faisait frémir dans les chaumières. Bien entendu la bouteille d'eau bénite n'était jamais bien loin, une sainte aspersion ayant la vertu, entre autres propriétés, de parer au funeste présage annoncé par la survenue d'une bestiole qu'il suffisait d'entrapercevoir pour redouter le pire.






























 






























A l'époque j'étais tout gosse, mais il me souvient très bien du jour où la "bête" a eu la malencontreuse idée de venir trépasser dans la véranda de ma grand-mère. J'exagère à peine en disant qu'un bon demi litre d'eau quasi miraculeuse a été nécessaire pour conjurer le sort, avec interdiction absolue d'en parler à quiconque alentour ... des fois que !






























 






























A décharge, il faut bien reconnaître la force évocatrice du dessin thoracique, d'où l'appellation commune et scientifique de ce sphinx. Acherontia se réfère en effet à l' Achéron , fleuve des Enfers "que les ombres des morts traversaient sans retour", tandis qu' Atropos était la Parques qui "coupait le fil des jours", autrement dit celui de la vie. Tout un programme, et vous en conviendrez, pas des plus réjouissants !






























 






























Que dire de plus, sinon qu'au fil des ans et des biocides en tous genres, le "papillon du diable" s'en est allé, et les croyances de mauvais augure avec, du moins celles qui lui étaient attachées, car d'autres perdurent à coup sûr ça et là tout comme le recours à l'eau bénite, pour qui croît en ses bienfaits. 






























 






























 






























le Sphinx tête de mort ... ..  .... et son fameux "logo" 






























 






























Sauf à totalement manquer d'imagination, il est bien difficile de nier toute ressemblance, 






























mais le graphisme n'est pas toujours aussi réaliste, ni aussi tranché, et il peut même faire défaut dans la forme dite "obsoleta".






























 Pour le reste chacun voit midi à sa porte, et que celui qui n'a jamais lu un horoscope jette la première pierre ! 






























  






























Remerciements






























 






























Avant d'entrer dans le vif du sujet, sachez que la bestiole s'est longtemps appelée "Désirée", et que je commençais à vraiment désespérer de pouvoir lui consacrer une "page entomo". Il aura fallu l'aimable et très fortuite contribution de 2 internautes (avec 2 chenilles "sauvages" à la clé ! ), et surtout la gentillesse désintéressée d'un naturaliste havrais, photographe professionnel, qui a su passion garder ... et partager les quelques oeufs et chenillettes reçus ! Une fois encore, qu'ils en soient tous trois sincèrement remerciés ! 






























 






























 






























 Présentation






























 






























Le bien nommé "Sphinx tête de mort" est très largement répandu en Afrique, et avec une envergure alaire atteignant 12 à 13 cm, c'est le plus grand, et le plus gros des Sphingidae français, et même européens. 






























 






























C'est par excellence un papillon migrateur, et il nous arrive régulièrement d'Afrique du Nord, la traversée de la Méditerranée ne posant guère de problèmes à cet excellent voilier ( terme que je préfère au barbare "volateur", souvent employé en entomo...mais absent du dico ! ). J'ajouterais qu'il lui arrive de visiter nos voisins "Grands Bretons", et de parfois même atteindre les pays Scandinaves, avec quelques très exceptionnelles observations .... au niveau du cercle polaire .... excusez du peu !!!! 






























 






























En règle générale les atropos immigrants arrivent en Mai-Juin, et se reproduisent sur place, avec émergence de la nouvelle génération en Septembre-Octobre. Les chenilles issues de cette seconde fournée auront bien du mal à boucler, et si chrysalides il y a, elles seront le plus souvent totalement décimées par les gels hivernaux. Leur survie est toutefois possible là où les conditions climatiques du lieu ou de l'année sont favorables. Vous l'aurez compris, mieux vaut donc être Niçois que Lillois ... mais c'est toujours limite !






























 






























Avant la généralisation des insecticides, et autres biocides, ce papillon était relativement commun, la chenille appréciant tout particulièrement le feuillage des pommes de terres. Trouver des chrysalides à l'arrachage était d'ailleurs monnaie courante, mais la mécanisation des récoltes est venue donner le coup de grâce, ou peu s'en faut. 






























 






























 Sachez enfin que ce papillon est protégé en Suisse (Cantons de Vaud, de Schaffhouse, et de Thurgovie), et pour mémoire qu'il a eu les honneurs du Cinéma avec des films comme "Le silence des agneaux", ou encore "Un chien andalou" très étonnante et surréaliste oeuvre de 1928.






























 






























 






























   






























 






























Acherontia atropos ... comme si vous y étiez !






























 






























La bestiole peut étonner, intriguer, inquiéter, fasciner , répugner .... mais jamais indifférer ! 






























 






























  






























 






























Dimorphisme sexuel ! 






























Côté sexe, si j'ose dire, le dimorphisme est pratiquement nul. Les femelles sont généralement plus grandes, ce qui est quasi de règle chez les papillons. L'abdomen est aussi plus "avantageux" et plus obtus, mais ce n'est pas toujours patent, sauf à pouvoir comparer, comme ci-dessous. Cela vaut également pour les antennes, très ( trop ! ) discrètement différentes, ou encore pour le "frein" alaire qui demande un minimum d'expérience, et comme vous le verrez .... de bons yeux !






























 






























Elle ! ...   ... et lui !






























Illustration du dimorphisme des plaques dites génitales, et donc des extrémités abdominales en vues ventrales.






























 






























Pour les curieux ce frein alaire, ou "joug", est un étonnant dispositif propre à certains papillons nocturnes (dont les Sphingidae), qui permet d'améliorer la qualité du vol, par couplage des ailes antérieures avec les postérieures. Chez le mâle le couplage revêt la forme d'une étroite bride spiralée (située au bord de l'aile antérieure), qui tel un ressort s'enroule autour d'une très forte soie à base articulée, implantée en bordure de l'aile postérieure. Pour plus de détails, vous pouvez vous reporter à la page entomo consacrée au Sphinx du laurier rose, encore que les agrandissements des illustrations ci-dessous soient parfaitement explicites






























 






























le frein alaire.....    .....de l'atropos mâle






























à gauche: localisation du "frein" (voir sur agrandissement); au centre: repérage et détails du frein; à droite: détail l'enroulement de la bride sur la soie.






























 






























 






























Quelques spécificités ....






























 






























- le cri






























 






























Rien à voir avec le brame du cerf, ou le "cri qui tue", et c'est là une évidence. Reste que c'est suffisamment audible et surprenant pour ajouter à l' originalité de la bestiole, et à l'occasion à sa malfaisante réputation. Si le chat est connu pour miauler, et le chien aboyer, il est par contre difficile de définir si la bête piaule , crisse, couine, grince, ou autre chose encore. De surcroît l'émission sonore est susceptible de varier, un peu comme chez le grillon. Concrètement cela se traduit par des sons quasi plaintifs, faibles et espacés, ou au contraire puissants et rapprochés quand la bestiole est au plus fort de son excitation, comme ici , le fait d'être tenue par les ailes étant évidemment peu apprécié ! ( ne pas trop monter le son, risque de "déformations" ! ) 






























 






























L'origine de ce "cri" est longtemps restée plus ou moins obscure. Pour les uns les sons émis résultaient d'un frottement (comme ici chez le Grand capricorne du chêne), et pour d'autres il s'agissait d'une expulsion d'air par les voies trachéennes. En fait la bestiole a inventé l'harmonica bien avant l'Homme, car son fameux "cri" est schématiquement produit par le passage de l'air dans la trompe, via une lamelle pharyngienne pouvant se qualifier de "vibrante".






























 






























- la trompe






























 






























Chez de nombreux papillons de nuit la trompe est souvent plus ou moins atrophiée, voire carrément inexistante, d'où la brièveté d'une vie dévolue à la seule reproduction. En pareil cas les femelles disposent de réserves graisseuses, ce qui leur permet de "tenir le coup", et surtout d'assurer la ponte dans de bonnes conditions. Le sort des mâles est généralement moins enviable, et pour tout dire scellé en quelques jours, sinon quelques heures, l'essentiel étant pour eux de faire ce qu'ils doivent faire ...et font toujours !






























 






























Parmi les butineurs la majorité opère très classiquement, c'est à dire au posé. Les autres, très minoritaires, préfèrent le vol stationnaire, à la manière d'un colibri , d'où une trompe "à rallonge" (si je puis dire ! ), celle du Sphinx du liseron, ci-dessous à droite, dépassant par exemple les 10 cm, ce qui constitue un record, du moins pour notre faune.






























 






























Le Sphinx tête de mort se démarque nettement du lot avec une trompe à la fois très courte, très robuste, et néanmoins très acérée. Cela l'oblige bien sûr à se poser pour s'alimenter, mais ce véritable épieu lui permet d'aisément "piocher" dans les fruits avancés, ou encore de se sustenter sur les exsudations d'arbres blessés ou malades, et à l'occasion de "craquer" pour une gâterie .... à haut risque !






























 






























 






























     






























de gauche à droite: 1)- trompe d'atropos déroulée (remarquez sa brièveté, guère plus du centimètre); 2)- trompe isolée ( remarquez la taille, la puissance, et la pointe particulièrement acérée) 3)- détail de l'apex de la trompe d'atropos; 4 & 5)- à titre comparatif, la spiritrompe à la fois très longue, très fine, et très fragile du Sphinx du liseron (Agrius convolvuli). Vous noterez qu'il s'agit d'un nourrissage à base d'eau miellée.






























 






























 .... et le nourrissage manuel !






























Là où certains papillons effectuent leur ponte d'une traite, ou encore en l'espace de quelques jours, l'atropos prend son temps, et c'est encore peu dire. Il s'ensuit une durée de vie pouvant atteindre plusieurs semaines pour les femelles (limite le mois ! ), d'où l'obligation de les nourrir en élevage. L'eau miellée est appréciée par la bête, mais les indispensables manipulations le sont nettement moins, tel le déroulage manuel de la très robuste trompe. L'expérience de l'éleveur, sa dextérité, et le "ventre affamé" de la bestiole permettent d'arriver au résultat ci-dessous, et aussi étonnant que cela puisse paraître la bête finit souvent par s'habituer ... jusqu'à un certain point !






























 






























    






























Le nourrissage des "reproducteurs" ! ... et ici en vidéo !






























La petitesse des "abreuvoirs" permet d'apprécier le volume ingurgité, et limite le risque de les voir transformés en visqueuses "pataugeoires", comme ci-dessus à droite. Bien affamé ce papillon est capable d'absorber la totalité du contenu (soit 1 cm3), mais en règle générale la moitié suffit à le contenter. A la fin de leur repas les bestioles ont fréquemment tendance à "piquer du nez" dans leur coupelle ... comme mon père le faisait dans son assiette !






























 






























- la défense






























 






























La position de repos, ci-dessous à gauche, constitue déjà une défense, en l'occurrence passive. Quand la menace se précise le papillon ouvre d'un coup ses ailes, ce qui donne la mesure de sa taille, et fait surtout apparaître les zébrures abdominales jaunes et noires qui valent un panneau "stop" au pays des bestioles. Ces couleurs sont en effet celles d'insectes piqueurs redoutables, et redoutés, tels les guêpes et frelons. A l'occasion le fameux "cri" ajoute à l'intimidation, et pour tout dire au bluff, d'autant qu'il peut aller crescendo en intensité, et surtout en fréquence. 






























 






























défense passive par mimétisme   ...et active ...là aussi par mimétisme !






























Au repos, à gauche, le papillon passe aisément inaperçu, mais s'il est inquiété, dérangé, agressé, l'entrouverture brutale des ailes fait apparaître des zébrures jaunes et noires, synonymes de danger par analogie avec les guêpes, frelons, et autres bestioles "piqueuses". Il s'agit bien sûr d'un bluff, mais l'agresseur peut s'en trouver dissuadé, ou décontenancé .... et l'agressé sauvé ... CQFD !






























 






























Les tibias des pattes intermédiaires et postérieures sont dotés de très robustes et acérées "épines" (savamment appelées "apophyses épineuses" ! ). Sans être vraiment douloureux le ressenti de la piqûre est néanmoins à la mesure de la puissance des pattes, et l'effet de surprise ajoute évidemment à son efficience. Bien entendu les "coups de pattes" sont plus désordonnés que ciblés, mais il s'en trouve toujours pour arriver ... là où il faut ! 






























 






























  






























Qui s'y frotte s'y pique !






























à gauche: patte intermédiaire "armée" de 2 épines; au centre: patte postérieure dotée cette fois de 4 épines; à droite: détail.






























 






























 






























Dans les cas extrêmes la bestiole serait susceptible de "poignarder" l'agresseur, en usant de sa trompe comme d'un rostre. J'avoue n'avoir aucune certitude, mis à part le fait que ce soit mécaniquement possible, compte tenu de la puissance de l'insecte, mais aussi de la robustesse et de l'acéré de la trompe. 






























 






























Toujours au titre des incertitudes j'ai observé un curieux comportement, et ce à plusieurs reprises, et avec des individus différents. Tenue par les ailes la bestiole recourbe son abdomen, s'en empare, et les pattes antérieures en "plument" l'extrémité à toute vitesse. Autant dire que les poils volent, mais en l'absence de propriétés urticantes peut-on y voir un vrai bluff défensif, ou une simple réaction réflexe sans véritable signifiance.






























  






























Pour clore ce chapitre, vous noterez qu' en matière de sécurité (industrie, B.T.P., etc...) notre signalétique emprunte en quelque sorte au monde des insectes, car par convention normalisée l'alternance de zébrures jaunes et noires est toujours synonyme de danger. Ce choix n'est certainement pas fortuit, et on peut même le qualifier de judicieux dans la mesure où il s'inspire de la crainte généralement ressentie face à tout insecte arborant ce type de graphisme. En pareil cas il s'ensuit de notre part un recul systématique, quasi réflexe, et c'est précisément cette réaction salutaire qui est recherchée en matière de sécurité. 






























 






























- le "péché mignon"






























 






























Le Sphinx tête de mort est bien connu des apiculteurs, du moins là où ce papillon n'est pas rare. Il est en effet si friand de miel, qu'il n'hésite pas à pénétrer dans les ruches pour s'y goinfrer sans vergogne, sa robuste trompe ayant tôt fait d'y éventrer les rayons "mielleux".






























 






























Face à l'intrusion les abeilles peuvent se montrer relativement passives, le pillard en profitant pour quasiment puiser à sa guise, et quitter le "restaurant" sans coup férir. En fait tout se passe très vite, tel un raid, et non sans fébrilité, comme si la gourmande bestiole pressentait les risques encourus, et le fait que ses hôtesses puissent à l'occasion changer d'avis ...sans préavis !






























 






























En d'autres circonstances l'accueil est de fait plus mitigé, voire carrément hostile. Au mieux, notre Sphinx se verra contraint de piteusement battre en retraite, et d'aller chercher pitance en d'autres lieux. Au pire, les aiguillons venimeux finiront par avoir raison de l'épaisse toison du papillon, et à terme l'apiculteur découvrira le cadavre de l'intrus tout enrobé de propolis ( substance résineuse naturelle, récoltée par les abeilles, et utilisée comme matériau de colmatage ).






























 






























Cela étant, vous conviendrez que ces divergences comportementales suscitent bien des questions. Personnellement je pense que l'olfaction joue un rôle déterminant, mais je ne saurais en dire plus. Si un visiteur averti peut éclairer ma lanterne, je suis évidemment preneur, et même des 2 mains !






























 






























Pour conclure ce chapitre, je dirais que la quantité de miel prélevée par le papillon est insignifiante, et que le dérangement causé dans la ruche ( si branle bas de combat il y a ! ) est à peine plus préjudiciable, du moins en regard du "Varroa" (Varroa jacobsoni, voir site), minuscule acarien parasite pouvant compromettre le devenir même de la ruche.






























 






























L'accouplement






























 






























Bien que l'accouplement et la ponte de ce Sphinx soient censés nécessiter un espace vital important (de l'ordre du m3 à en croire la littérature spécialisée), il est tout à fait possible d'obtenir d'excellents résultats avec des volumes beaucoup plus réduits. De fait, les bourriches à poissons ci-dessous figurées, souveraines en d'autres circonstances, ont là encore fait leurs preuves. Elles se sont mêmes avérées plus pratiques que l'enceinte grillagée réalisée pour la circonstance, d'autant qu'il s'agissait d'un élevage totalement hors saison (en l'occurrence au coeur de l'hiver), d'où la nécessité d'installer ladite enceinte en intérieur chauffé … à savoir dans un bureau pas vraiment " fait pour " ! 






























 






























  






























à gauche et au centre: entre superposition et juxtaposition, tel se présente l'accouplement ("flashé") des atropos.






























à droite: la fameuse enceinte grillagée (80 x100), très vite abandonnée au profit des bourriches (35 x 60) ... "made in Decathlon" ! 






























 






























   






























de gauche à droite: 1 à 3)- dérangés dans leurs oeuvres ces couples se sont placés "tête-bêche",






























position semble-t-il inhabituelle chez atropos, mais classique chez les autres espèces deSphinx.






























au centre: preuve de la "fusion" des abdomens ... si besoin était !






























 Sphinx tête de mort (Acherontia atropos) vaisseau dorsal de la chenille en pré-nymphose. 
Mise en évidence du vaisseau dorsal sur une chenille d' atropos en pré-nymphose.
Sur cette vidéo vous verrez les pulsations du "coeur", et la circulation de l'hémolymphe, autrement dit du "sang" des insectes,  
dont le rôle est très comparable au nôtre.
 
 
La mue ... pour bien comprendre !
 
Quand une larve d'insecte mue, et cela vaut bien sûr pour les chenilles, TOUT ce qui est chitineux mue, y compris les organes internes que sont les très ramifiées trachées aérifères. Ces très nombreuses tubulures (dont le diamètre varie avec la nature des zones irriguées) sont en effet constituées d'un fil chitinisé très fin (appelé " ténidie ") enroulé à spires jointives, à la manière d'un ressort.
 
Lors de la présente mue nymphale les réseaux trachéens, issus des stigmates "respiratoires", sont particulièrement bien visibles, à la fois par leur taille, leur position, leur aspect rubané, et leur coloration blanc nacré. Au passage vous noterez que ces stigmates sont conçus pour pouvoir se fermer si nécessaire, mais qu'en temps normal ils sont toujours ouverts et assurent ainsi une respiration dite passive.
 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos),  mue nymphale, photo 1. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos),  mue nymphale, détail de la photo 1. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos),  mue nymphale, photo 2. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos),  mue nymphale, détail de la photo 2.
de gauche à droite: 1 & 2)- sur chrysalide en cours de formation, une déchirure de la mue permet de voir le "ruban trachéen"; 3)- après "déshabillage" (si l'on peut dire ! ), le "ruban" devient parfaitement visible sur toute sa longueur; 4)- cet agrandissement montre que le "ruban" est en fait formé par l'extraction et la juxtaposition des faisceaux trachéens internes, aboutissant aux stigmates.
 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), stigmate trachées associées (sur le vif). Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), stigmate trachées associées, sur mue. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), stigmates isolés et  trachées associées.
à gauche: stigmate et faisceau trachéen en cours d'extraction, et donc sur le vif; au centre: stigmate avec ses trachées, sur morceau de mue (le tout en liquide); à droite: stigmates isolés. En liquide les multiples ramifications trachéennes se font "panaches".

Bizarre ... !

Suite à une maladresse de ma part, une chenille d'atropos sur le point de faire sa dernière mue est tombée à terre. Il s'en est suivi une lésion, et une fuite du liquide exuvial facilitant la mue ... autrement dit l'exuviation ! ...CQFD ! Alors que ce liquide est parfaitement incolore, la mousse sur laquelle la chenille était posée est devenue très intensément noire, mais apparemment sans plus en pâtir. A n'en pas douter il y a corrélation avec la composition du liquide en question, mais je ne saurais en dire plus. Si un spécialiste passe par là, je suis évidemment preneur de toute explication ... et cela des 2 mains !

 
Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), action du liquide exuvial  de la chenille, sur de la  mousse. Sphinx tête de mort (Acherontia atropos), action du liquide exuvial  de la chenille, sur de la  mousse., détail du noircissement
Selon Olivier Bouteleux il s'agirait très certainement d'une réaction immunitaire provoquant la mélanisation rapide et intense de l'hémolymphe,
phénomène mis en évidence chez de nombreux insectes.
Nota: présentement il s'agit de liquide exuvial, et non d'hémolymphe, mais les mêmes causes produisant les mêmes effets,
je pense que l'on peut établir un parallèle ... ou considérer que la lésion a également entraîné une fuite d'hémolymphe ... ceci expliquant cela !
 
 
En guise de conclusion ...
 
Si une chenille du genre "knacki fluo" ( voire chipolata ! ) croise un jour votre chemin,
laissez-la poursuivre le sien en paix, et continuez le vôtre de même !
 
 ... Dame Nature vous remerciera ... et moi aussi !
 
 
FIN
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr