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- Le PIQUE-PRUNE ou
BARBOT (Osmoderma
eremita)
!
- (Coléoptère
Cetoniidae)
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- La larve !
-
- La larve de l'Osmoderme est
qualifiée de saproxylophage car elle vit dans le bois
très dégradé, et pour tout dire dans le
terreau qui se forme dans les cavités des très vieux
arbres. Elle est également qualifiée de
mélolonthoïde, ce type larvaire se
référant à la forme arquée de la larve
du hanneton commun (Melolontha melolontha).
-
- Le Pique-prune peut se rencontrer dans
les chênes, hêtres, frênes, saules,
châtaigniers, pommiers, tilleuls, voire dans les ifs comme
dans le massif de la Sainte Beaume (Var).
Cet éclectisme est assez classique
chez les insectes saproxylophages car à ce stade de
dégradation du bois les différentes essences perdent
beaucoup de leur spécificité. A l'inverse l'insecte
s'attaquant au bois vif est en général nettement
plus strict dans ses choix.
-
- Les larves du Pique-prune
évoluent au plus près du bois encore quelque peu
"consistant", et à ce titre la périphérie des
cavités est évidemment très favorable et
prisée. Cela vaut notamment pour les grandes larves, les
plus jeunes semblant s'accommoder d'une sorte de semi-terreau qui
finira de se dégrader au fil des ans et des probables
ingestions successives. Le
développement demande de 2 à 4 ans, le plus souvent
3, et à terme la taille de cette larve est plus que
respectable, comme les illustrations ci-dessous le
montrent.
-
- La larve
naissante !

- Larves néonates du
Pique-prune !
- Il aura fallu 3 petites semaines
pour que la Nature fasse son oeuvre.
- Vous noterez l'importance du
"système pileux", et surtout la puissance des jeunes
mâchoires !
-
-

- Dotées de pattes
proportionnellement plus grandes, les larves naissantes sont
susceptibles de véritablement "marcher", là
où leurs aînées sont plutôt
portées sur la reptation. Lors des arrêts, les
mandibules grandes ouvertes sont fréquemment
utilisées comme stabilisateur, telle la béquille
d'une moto. Au passage, vous noterez
que la larve du fourmilion use de la même astuce (voir
site).
-
- .... et les autres
!
- Larves "tout venant", avant et
après un très écolo (et providentiel) lavage
.... à l'eau de pluie !
-
- Est-il besoin de le
préciser: larves et "cocons" témoignent d' un
sauvetage, en l'occurrence hivernal.
- Par contre, je n'ai
rien pu faire pour le grand Cerambyx cerdo (également
protégé),
- larves et adultes
immatures évoluant au coeur du
bois.
-

- larves très
"clean", pour une bonne perception de la morphologie
-
- Détails
!

- "Portraits" de larves
d'Osmoderma,
- et détail de mandibules
manifestement conformées pour ne point se contenter de
terreau .... même si la bestiole s'y complait
!
-
-

- de gauche à droite:
1)- disposition "en pointillé" des stigmates,
autrement dit des orifices respiratoires 2)- exemple de
stigmates; 3)- détail d'un stigmate montrant les
très nombreuses trachées qui en partent, 4)-
aperçu du réseau trachéen "irriguant"
l'extrémité abdominale.
-
- Pas très
spectaculaire ... mais exceptionnel !
-
- Croyez-moi, il faut vraiment beaucoup de
chance pour "tomber" pile poil sur une larve venant tout juste de
muer (et quand je dis "tout juste" ... c'est tout juste ! ),
puisqu'elles évoluent dans les profondeurs du terreau
nourricier, et donc totalement hors de vue et portée.
Présentement il aura fallu un "déménagement"
à la fois forcé, salvateur ... et providentiel
!
-
- Sur les photos ci-dessous (gauche et
centre), vous remarquerez la totale dépigmentation de la
tête et des appendices, hormis une infime partie des
mandibules. Vous remarquez également le volume et la
noirceur de l'extrémité abdominale, attestant que la
bestiole peut muer en quelque sorte le ventre plein,
c'est-à-dire sans devoir purger son intestin. Le fait
mérite d'être souligné, car les arthropodes en
instance de mue cessent généralement de
s'alimenter, puis ils "évacuent" ce qui doit l'être,
et la mue proprement dite intervient après une phase
d'inactivité (voire de totale immobilité) plus ou
moins longue.
-

- à gauche et au
centre: larve venant de passer au 2e stade larvaire (pour
mémoire il y en a 3) ... quasi sous mes yeux
!
- à droite: 18 h
après les photos précédentes la pigmentation
de la tête est presque arrivée à son terme,
mais le complet durcissement (= "sclérification")
nécessitera encore plusieurs jours. Vous noterez la forme,
la puissance, et l'acéré des mandibules.
-
- La loge nymphale
!
-
- Arrivée au terme de sa
croissance, la larve de notre Pique-prune se confectionne une loge
nymphale ovoïde, homologue du cocon des papillons. Cette loge
est constituée de terreau aggloméré,
"lié" par une sécrétion en quelque sorte
"salivaire". Les matières fécales sont
également incorporées, et me semblent contribuer
pour une large part au lissage interne de la paroi.
-
- Les loges en elles mêmes sont
relativement minces et fragiles (ci-dessous à droite), mais
cette piètre résistance est largement
compensée par le fait d'être incluses dans la masse
d'un terreau compacté par les ans, d'où une
excellente protection mécanique, mais aussi thermique.
Mieux vaut d'ailleurs, car la loge est confectionnée en fin
d'été, et la larve devra donc y passer tout l'hiver,
et plus encore, car la nymphose est printanière, et
l'émergence estivale.
-

- Exemples de loges
nymphales.
- Vous remarquerez la taille
(atteignant couramment 5 cm), et le conglomérat de la paroi
externe.
- à droite: vous
remarquerez également la faible épaisseur de la
loge, et le parfait lissé de la paroi
interne.
-
-

- Exemple de larve en
loge.
- Comparativement aux larves de la page
précédente, vous remarquerez la nette
réduction du volume de l'extrémité
abdominale, et la relative blancheur de cette dernière,
suite à l'élimination des dernières
matières excrémentaires. Cette évolution
traduit la "mise en route" du processus nymphal, lequel va se
poursuivre par une sorte de "ratatinement" de la larve, suivi de
la nymphose proprement dite. Bien entendu il va falloir "laisser
du temps au temps", car une métamorphose n'est jamais mince
affaire.
- Pour le cas où
!
- Quand un arbre "pique-prunier" se
retrouve à terre (tempête, abattage
inconsidéré ou sécuritaire), le terreau des
cavités se voit fatalement plus ou moins "chamboulé"
sous la violence de l'impact ... et généralement
plus que moins ! Si loges nymphales il y a, certaines s'en
trouvent non moins fatalement brisées, et le devenir de
leur occupant bien compromis. La reconstruction d'une loge digne
de ce nom est en effet impossible pour une larve quelque peu
"avancée" ( et l'est encore moins pour une nymphe ! ) ....
d'où la "solution" ci-dessous proposée !
-
- faute de ...
... mieux !
- Ce n'est pas la panacée,
mais une coque de noix soigneusement évidée, et
surtout de grande taille, peut tout à fait sauver la
mise
- .... sous réserve d'en
extraire l'adulte le moment venu ... et de le rendre à Dame
Nature comme il se doit !
-
-

-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
:
http://www.insectes-net.fr