ACCUEIL - COLEOPTERES - LEPIDOPTERES - AUTRES -VIDEOS - HISTORIETTES - NEWS - LIENS - WANTED ! - MAILS d'OR -
 
 
la MYGALE à CHAUSSETTE (Atypus affinis) !
(Arachnide, Mygalomorphae Atypidae)
 
(page sur 3)
 
- pour quitter les agrandissements, et les vidéos, faire "page précédente" dans votre navigateur -
 
 
La chaussette ! ... suite !
 Les "chaussettes" de mon jardin !
 Mygale à chaussette (Atypus affinis) partie aérienne de la "chaussette", autre exemple, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis) partie aérienne de la "chaussette", autre exemple, photo 2. Mygale à chaussette (Atypus affinis) partie aérienne de la "chaussette", autre exemple, photo 3. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "chaussette" de mon jardin, photo 1,
.... du moins celles trouvées !
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 1, Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 2. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 3. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 4.
.... à ne pas confondre avec de vieilles crottes de chats !
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 5. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre exemple de "chaussette" de  mon jardin, photo 6.
 
 
Etonnant !
Touffe de Montbretia Tubercules de Montbretia Mygale à chaussette (Atypus affinis)  une des "chaussettes" au milieu des Montbretia.
En dépit de la hauteur du feuillage, de la densité des tiges et tubercules, et des difficultés à l'évidence rencontrées,
5 bestioles sont parvenues à s'installer en plein milieu de cette touffe de Montbretia, plante de la même Famille que les iris.
 à gauche: la touffe en question; au centre: poignée arrachée telle que; à droite: une des chaussettes.
 
 
Grrrr !
Comme la photo ci-dessous le montre, notre petite mygale n'a pas que des amis dans mon jardin. Je n'ai pas vu le prédateur à l'oeuvre, mais il n'a pas du se contenter de seulement "détricoter" ces chaussettes. A tort ou à raison je pense à un merle, et le soupçonne d'avoir profité de pluies particulièrement copieuses et soutenues, la situation de mon "champ de mygales" ( 21 dénombrées sur 2 m2 ! ) en accentuant les effets.

Sous la forme d'une très étroite plate-bande de vivaces, délimitée par une bordure cimentée légèrement surélevée, le "champ" en question est en effet situé au pied du pignon de mon garage, en exposition plein ouest. Avec une telle configuration, le sol s'est très vite détrempé, si ce n'est gorgé d'eau, ce qui a grandement facilité l'extraction des chaussettes. Cela a surtout contraint les aragnes à se rapprocher de la surface pour fuir l'inondation de leurs pénates, voire éviter la noyade. Dès lors le déjeuner s'est trouvé à portée de bec ... et le résultat est en main !

 
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  restes de chaussettes après prédation.
Dame Nature en a ainsi décidée ... sniff !
Tapies au tréfond de leurs soyeuses retraites elles semblaient pourtant invulnérables.
Suite à cette hécatombe les observations et compléments prévus risquent fort de se voir compromis ... sorry !
 
La ponte !

Elle est bien sûr précédée par la pariade, et au pays des Atypus la saison des amours a lieu en automne, période à laquelle le mâle devient adulte. Il quitte alors son terrier, entre en errance, et part à la recherche d'une chaussette femelle afin d'y "toquer". Quand ses tapotements sont favorablement perçus il pénètre dans le terrier, et s'y accouple. Dans le cas contraire il a tout intérêt à ne pas traîner, surtout si la propriétaire des lieux a un p'tit creux ou n'est pas d'humeur. Quand il est accepté le mâle peut rester en bonne compagnie jusqu'à ce qu'il périsse ... ou serve de déjeuner !

Les oeufs, une centaine en moyenne, sont regroupés dans un cocon protecteur fixé à la paroi interne de la chaussette. Ils sont généralement pondus en début d'été, voire un peu plus avant dans la belle saison, et éclosent de la fin de l'été à l'automne. La présente ponte a été trouvée dans la partie inférieure de la chaussette, ce qui semble assez logique, mais je ne saurais dire si c'est la règle.

 
Résumé schématique du cycle bisannuel de la reproduction
automne 1: accouplement - été: ponte - automne 2: éclosions, puis hivernage avec la mère - printemps: dispersion des jeunes - automne 3: accouplement.
 
 
Mygale à chaussette (Atypus affinis) déterrage de la "chaussette" ouverte, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis) déterrage de la "chaussette" ouverte, photo 2.
ci-dessus: localisation, et ponte telle que trouvée.
ci-dessous de gauche à droite: 1)- ponte "in situ"; 2)- après ouverture du "matelas" soyeux protecteur;
3)- gros plan sur l'enveloppe "gainante" des oeufs; 4)- oeufs "déballés", vue d'ensemble; 5)- idem en gros plan; 6)- taille et détail d'un oeuf.
Mygale à chaussette (Atypus affinis) , ponte. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  ponte ouverte. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  oeufs. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  ponte ouverte, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  oeufs, gros plan. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  oeuf su allumette.
 

.... et les "bébés" Atypus !

En dédoublant une touffe de montbretias devenus envahissants ( c'était fin Octobre, le 25 pour être précis ! ), j'ai eu la chance de tomber sur une "chaussette garnie" ... et même bien garnie ! Dans la mesure où les "mygalettes" ci-dessous se sont avérées mobiles, pigmentées, et aptes à filer (qu'il s'agisse de la soie ou de se carapater ! ), elles ont à coup sûr déjà mué, et donc franchi la première étape de leur développement. Les mygales naissantes sont en effet dépigmentées, très peu mobiles, dépourvues de soies sensorielles, et bien incapables de produire le moindre fil de soie. Présentement la 1e mue intervient 2 à 3 semaines après l'éclosion des oeufs, et donc après la naissance proprement dit. Nota : en arachnologie les araignées naissantes, et donc avant mue, sont appelées "pulli", et en toute logique ... "post-pulli" après mue !

Ces jeunes "mygalettes" restent avec la femelle, et hivernent en sa compagnie. Au printemps, après avoir mué et ainsi acquis les "équipements" voulus, elles quittent le giron maternel ( en l'occurrence la fameuse chaussette ! ) afin de mener une vie totalement autonome. Bien que "ballooning" (transport par le vent) soit possible, la dispersion se fait essentiellement "à pattes". Le rayon d'action des minuscules bestioles étant censément limité, il s'ensuit une certaine concentration, au demeurant souvent mise à profit par les prédateurs.

Suite logique il n'est pas rare d'observer de multiples chaussettes sur des surfaces réduites, notamment là où l'exposition est favorable. Cette forme de cohabitation est évidemment favorisée par le mode de vie de ces araignées, et par le peu d'agressivité entre congénères. A cet égard mon "champ de mygales" ci-dessus décrit ( voir "Grrr" ! ) est particulièrement symptomatique.

 
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  femelle avec sa progéniture, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  femelle avec sa progéniture, photo 2 Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "bébés" mygales "in situ". Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "bébés" mygales, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "bébés" mygales, photo 2.
Les "mygalettes" en action ... à voir en vidéo !
"Coup de bol" pour le naturaliste, mais "pas de bol" pour cette imposante "mamma" Atypus et sa grouillante progéniture. Je vais bien sûr essayer de limiter la casse, et d'en tenir le maximum en vie jusqu'au printemps, mais j'avoue craindre les réactions de la mère ... et sans elle cela risque d'être pire ! Affaire à suivre !
 
 
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "bébés" mygales sur toile collective, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "bébés" mygales sur toile collective, photo 2. ...............Mygale à chaussette (Atypus affinis)  grande femelle ( la mère ! )
 à gauche: cette inattendue toile "collective" a été tissée par les minuscules aragnes,
et cela dans les 24 h suivant le déterrage de la chaussette et sa "bocalisation" provisoire.
à droite: l'impressionnante "mamma"... 20 mm bien tassés !
 
 
Autre chaussette ... et autre trouvaille !

Comme une bien connue anguille, il s'agit cette fois d'une ... "chaussette sous roche" ! "Tricotée" dans un dédale de racines et de caillasses son extraction s'est avérée particulièrement délicate et laborieuse. La nature du terrain pourrait expliquer la relative brièveté de cette chaussette (15 cm), mais il y a sans doute eu rupture car la "locataire" a été retrouvée intacte au milieu de mes déblais ... un vrai p'tit miracle ! La ponte ( si ponte il y avait ! ) est par contre restée introuvable ( "in et off" ! ), mais à l'intérieur même de la chaussette j'ai découvert un amas de cadavres de fourmis, sorte de "poubelle de table" témoignant bien du plat de prédilection de cette araignée. Bien entendu de nombreuses autres "bestioles" font ventre dès l'instant où elles posent la patte sur la soyeuse plate-bande (petits coléoptères, blattes, cloportes, myriapodes, grillons des bois, etc ...).

 
Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre "chaussette", partie aérienne, photo 1. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre "chaussette", partie aérienne, photo 2. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  autre "chaussette" déterrée.
La "chaussette sous roche" !
ci-dessus: partie aérienne, et vue d'ensemble après extraction;
ci-dessous: après ouverture avec localisation et détail de la "poubelle à fromis"
  Mygale à chaussette (Atypus affinis)  "chaussette" ouverte, cadavres fourmis, photo 2.
 
 
 
... et tissage de chaussette !
Mygale à chaussette (Atypus affinis) ,femelle à tisser sa "chaussette. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  filières de femelle. Mygale à chaussette (Atypus affinis)  construction de la chaussette (début).
à gauche: moins d'une heure après mise à disposition, le "logement" proposé a été adopté, et sans plus attendre la bestiole s'est mise à l'oeuvre (à voir en vidéo ! ); au centre: gros plan sur les filières (critère discriminatoire entre affinis et piceus, encore que cette dernière espèce est à la fois plus petite et plus noire); à droite: le début de la partie souterraine. Nota: la soie étant enrobée de terre, le suivi du tissage s'est logiquement très vite avéré impossible.
 
En guise de conclusion !
Il ne faut jamais dire jamais ... et cette page entomo le prouve !
Je suis en effet parvenu à mettre ma quasi arachnophobie entre parenthèses ... et j'en suis le premier étonné !
 Par contre pas question de faire "joujou" avec les tégénaires, épeires, et autres lycoses !
 
FIN
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr