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le SPHINX du LISERON, ou SPHINX à CORNES de BOEUF (Agrius convolvuli) !
(Lépidoptère Sphingidae) 
(page 3 sur 4)
La chenille !

L'incubation est rapide, moins d'une semaine à 20°, et la croissance de la chenille l'est tout autant, la "messe étant dite" en l'espace de 3 semaines, et cela toujours à 20°. Comme les illustrations ci-dessous le montreront, la coloration et le graphisme des chenilles peuvent nettement varier, mais lors du passage au 5e et dernier stade larvaire les livrées s'harmonisent. A noter l'existence de formes vertes (comme il s'en rencontre chez le Grand sphinx de la vigne), les graphismes noirâtres pouvant varier en étendue et intensité. Une température élevée pourrait être à l'origine de ces formes claires, tout comme le mélanisme des insectes est favorisé par les basses températures.

Comme dirait Mr de La Palice, la chenille du Sphinx du liseron se nourrit ... de liserons ! En d'autres termes elle affectionne les Convolvulacées , et donc les diverses espèces de liserons tant grimpants que rampants ( liseron des "champs", des "haies", des "dunes" etc...), mais aussi des espèces ornementales cultivées ("Belles de jour", "Ipomées", "Volubilis"), avec une préférence pour la très "poussante" et volubile "patate douce" ... là où elle est cultivée !

 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille naissante sur allumette. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli) oeufs, avec allumette témoin. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille naissante sur allumette, photo 2. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenilles naissantes sur liseron.
Chenilles naissantes !
La taille peut paraître surprenante en regard de celle des oeufs, mais cette apparente disproportion entre contenu et contenant vaut pour tout ce qui sort d'un oeuf ... à commencer par les poussins !
 
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenilles stades 2 et 3. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille stade 2 sur allumette. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille stade 2 sur allumette, photo 2.
à gauche: chenille prête à passer au 2e stade ... et chenille venant d'y passer !
au centre et à droite : chenille au 2e stade.
 
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille stade 3 sur allumette.............. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenilles stades 3 et 4  sur allumette. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenilles stades 3 et 4  sur allumette, photo 2............... Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenilles stades 3 et 4  sur liseron.
à gauche: chenille au 3e stade; au centre : chenille prête à passer au 4e stade ... et chenille venant d'y passer !
à droite: 2 chenilles au 3e stade, et 2 autres au 4e.
 
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille passant au stade 4. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  détail  mue chenille stade 4. ................ Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille venant de passer au stade.4  sur allumette. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille venant de passer au stade.4  sur liseron.
à gauche: chenille en train de muer pour passer au 4e stade;
à droite: chenilles venant de passer au 4e stade.
 
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  groupe de chenilles  stade 4 en main. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 2. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 3.
ci-dessus et dessous: chenilles au 4e stade illustrant la variabilité chromatique de cette chenille.
Vous noterez que cette variabilité est temporaire, le 5e et dernier stade mettant tout le monde d'accord, et plus exactement en accord !
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 4. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 5. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 6. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  chenille  stade 4 photo 7.
 
 
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  jeunes chenilles  stade 5 en main. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  stade 5 en main............. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  stade 5 en main, photo 2. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  stade 5 en élevage. .............Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   jeune chenille stade 5 sur allumette.
Chenilles au 5e et dernier stade larvaire !
à gauche: chenilles venant de passer au 5e stade, et chenille en fin de 5e stade. Comparer la taille des chenilles, mais aussi le volume des têtes en regard de celui des corps; au centre: du liseron, encore et encore du liseron, l'appétit de ces chenilles est impressionnant; à droite : dernier passage à la toise pour illustrer le début du 5e stade.
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  sur guirlande de liseron, photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  sur guirlande de liseron, photo 2. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   chenilles âgées  sur guirlande de liseron, photo 3.
Ce n'est pas Noël ... mais cela y ressemble !
Elles dévorent encore, mais dans 48 h elles seront enterrées !
 
 
... et quelques détails !
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   mâchoires chenille stade 5, photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   mâchoires chenille stade 5, photo 2. ............ Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)   mâchoires chenille stade 5, sur allumette. ............Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  scolus chenille stade 5.
à gauche: le bel appétit des chenilles, et plus encore des grandes espèces comme ce sphinx, nécessite un "outillage" à l'évidence performant. Prises juste après la dernière mue ces impressionnantes et exceptionnelles photos des mandibules illustrent parfaitement le propos; au centre: prélevée sur une mue nymphale, cette mandibule au tranchant plus qu'émoussé témoigne d'un usage intensif, le creusement de la logette souterraine ajoutant à son usure; à droite: apanage des Sphinx, et totalement inoffensive, cette corne (savamment dénommée "scolus" ) est considérée comme purement décorative ... jusqu'à preuve du contraire ! Son aspect et son grand développement font que le sphinx du liseron est parfois appelé "Sphinx à cornes de boeuf".

L'enterrage !

Arrivée à maturité la chenille cesse de s'alimenter, et entreprend une phase d'errance au cours de laquelle se finalisent les préparatifs physiologiques en vue de son enterrage. Le moment venu, et un site à sa convenance trouvé, la bestiole va s'enfoncer en terre, a priori assez profondément si le terrain le permet. L'élevage semble cependant témoigner du contraire, une profondeur de l'ordre de 5 cm semblant la norme, que ce soit en sol ferme ou friable. La chenille va ensuite aménager une logette ovoïde, relativement spacieuse, dont la paroi sera renforcée ( sans plus ! ) par imprégnation et séchage d'une sorte de "salive" assimilable à de la soie liquide.

 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  enterrage de chenille, photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  enterrage de chenille, photo 2 Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  enterrage duo de chenilles, photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  enterrage duo de chenilles, photo 2.
En théorie l'enfouissement peut se faire n'importe où, mais un sol relativement meuble est évidemment plus propice, la profondeur et la durée du labeur variant avec la nature du terrain. Le contact avec un "obstacle" (pierre ou bois mort par exemple) est apprécié s'il se présente, mais il n'est pas obligé, ni spécialement recherché, une touffe d'herbe ou un pissenlit faisant pareillement l'affaire !
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale fermée.. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale percée. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale ouverte photo 1. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale ouverte photo 2.
Une précautionneuse "grattouillette" sur le mode archéologique ( petite cuillère et pinceau ! ) permet de dégager le "tumulus" de terre agglomérée formé par la logette de la chrysalide. Son percement, et l'agrandissement de l'orifice permettent de voir la chrysalide "in situ". Contrairement à d'autres espèces (Sphinx "tête de mort" par exemple) la logette est mince et fragile.
 
Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale fermée. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli)  logette nymphale ouverte. Sphinx du liseron (Agrius convolvuli) duo de  logettes  nymphales fermées.
à gauche et au centre: autre logette et sa locataire; à droite: logettes accolées,
cas de figure logiquement fréquent en élevages, promiscuité oblige.
  
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr