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- le LUCANE ou
CERF-VOLANT !
- (Lucanus cervus,
Coléoptère Lucanidae)
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- Présentation
-
- Le Lucane (Lucanus cervus) relève des
Lucanidae, très grande Famille au niveau mondial,
représentée en France par moins d'une dizaine
d'espèces. C'est le plus grand et le plus imposant des
insectes européens. C'est aussi le plus grand et le plus
impressionnant de nos Coléoptères, car le
développement mandibulaire des mâles peut atteindre
des proportions spectaculaires, ce qui ajoute à la
ressemblance avec les bois du cervidé .... d'où le
nom de "Cerf-volant" ....CQFD !
-
- Pour rester dans le domaine des superlatifs, c'est
également l'insecte le plus étonnamment variable
quant à la taille, à telle enseigne que les
extrêmes (comme ci-dessous) semblent relever
d'espèces totalement différentes. Vous noterez
également le dimorphisme sexuel, lui-même hors
normes, du moins en regard de ce qu'il est habituellement chez nos
coléoptères.
-
- mâles !
......

.....
femelles !
- illustration du dimorphisme
sexuel, et de l'importante variabilité de la
taille
- (mâles de 82 et 32 mm;
femelles de 27 et 42 mm)
-
- L'espèce est actuellement protégée, mais
si l'insecte tend globalement à se raréfier, il
demeure néanmoins commun par places. Cela dit sa protection
ne vaut évidemment que par la préservation de ses
biotopes, et plus encore par celle des gîtes larvaires sur
lesquels nous reviendrons ultérieurement.
-
- Les Lucanes adultes sont crépusculaires et si les deux
sexes sont aptes au vol ce sont les mâles qui prennent le
plus volontiers leur majestueux essor à la recherche de
femelles qui restent au sol et sont relativement peu actives. La
concurrence entre mâles est sévère et les
rencontres autour des femelles sont aussi fréquentes
qu'inévitables. Elles donnent lieu à des
affrontements spectaculaires qui tiennent plus de la joute que
d'un réel combat, en ce sens que l'évincé est
surtout blessé .... dans son "amour propre" !
-
-

- à gauche: exemples
de mâles en quelque sorte "standards", du moins pour le
"44".
- à droite:
spécimen dressé en posture d'intimidation....et
mandibules plus impressionnantes que réellement dangereuses
!
-
-
- Quelques images de lucanes
....
- (mâles à gauche, et
3 femelles à suivre )
-
-
- exemples d'ccouplements ....
... en attendant mieux !
-
-
- Pour impressionnantes qu'elles soient
les mandibules du mâle "pincent" sans grande douleur, et
surtout sans dommage. A l'inverse, les "tenailles" de la femelle,
très puissantes et acérées, peuvent mordre au
sang. Même si l'insecte est lent, et non agressif, il
est donc préférable de le manipuler en connaissance
de cause, c'est-à-dire en le saisissant dorsalement, comme
on le fait pour un crabe. En cas de morsure
( qu'il faut vraiment "chercher" ! ), ne tirez pas sur la
bête, car elle mordra encore plus fort. La seule solution
consiste à la lacher, en espérant qu'elle en fasse
autant rapidement ... et vous n'avez pas le choix!
-

- détail des
mandibules
- à gauche:
mâle; au centre: femelle en vue dorsale; à
droite: femelle en vue ventrale.
-
-
- Comme souvent chez les insectes la vie de l'adulte est
brève, et celle du mâle l'est encore plus car son
rôle est censément limité, bien
qu'indispensable. De fait les lucanes apparaissent au mieux vers
la mi-juin, et sauf quelques retardataires au demeurant souvent
bien "fatigués", on peut dire que la fin août
représente le seuil normal de leur longévité.
Ce laps de temps est essentiellement dévolu à
perpétuer l'espèce, d'autant que les besoins
nutritionnels sont quasi inexistants et limités au
"léchage" de sève et d'exsudations variées
qui se rencontrent sur les arbres blessés ou malades.
-
- L'insecte est évidemment l'hôte
privilégié des grands espaces forestiers mais il
fréquente également les bois de moindre importance,
les bosquets, parcs, haies bocagères, et même les
jardins ruraux où il peut profiter de la strate
inférieure du bois de chauffe souvent longuement
entreposé en extérieur.
-
- La durée du développement et la
variabilité de la taille résultent souvent de la
qualité nutritionnelle du bois, mais certaines
régions comme le Sud-Ouest, et notamment les
Pyrénées-Atlantiques, sont bien connues pour donner
vie à des Lucanes majoritairement de grande taille
(ci-dessous). En l'occurrence ils sont qualifiés de "major"
par opposition aux "minor", ou encore aux "médium" c.a.d.
aux intermédiaires.
-
-
- pas forcément digne du "
Guiness".....
......mais pas loin néanmoins (85 mm)
!
-
- Pour info !
-
- Les acariens ci-dessous sont très
fréquents sur les grands bousiers, mais ce ne sont pas des
parasites, du moins au sens strict du terme, car ils ne vivent pas
aux dépens de l'hôte. Aussi surprenant que cela
poisse paraître, ils se font seulement transporter à
bon compte, phénomène appelé
"phorésie", d' où le nom d'acariens
phorétiques donné à ces drôles
d'auto-stoppeurs.
-

- à gauche: femelle
de lucane "parasitée" par des acariens phorétiques
(sans doute Gamasidae);
- au centre: face ventrale
...il y a du monde ! à droite: détail des
acariens
-
-
- L'oeuf et la
larve
-
- Les oeufs sont pondus en terre, à proximité
immédiate du bois nourricier, et le développement
larvaire est de 3 à 5 ans selon les conditions du milieu. A
terme les plus grosses larves atteignent quasiment la taille d'un
doigt.
-

- Oeufs et larves naissantes de
Lucane!
- En dépit de 3 femelles
captives, avec gîte et couvert "4 étoiles", je n'ai
pu obtenir un seul oeuf.
- Il aura fallu une 4e femelle,
opportunément trouvée enterrée au pied d'un
vieux chêne ... avec les oeufs
ci-dessus!
-
-
- La larve du lucane (ci-dessous) est de type
mélolonthoïde, c.a.d. arquée comme celle du
hanneton commun (Melolontha melolontha) qui fait
référence. Elle se développe dans le bois
mort en voie de décomposition et à ce titre elle est
qualifiée de saproxylophage. Le chêne est son arbre
de prédilection et elle se développe très
souvent au pied des arbres morts, ou au détriment des
racines de sujets âgés et dépérissants.
Elle affectionne également les souches ou encore les bois
tombés à condition qu'ils soient d'un certain volume
et en contact avec le sol car elle mène une vie plus ou
moins souterraine. Le Lucane peut se développer dans
diverses autres essences non résineuses (et entre autres le
Châtaignier) mais le chêne a néanmoins sa
préférence.
-
-

- exemple de larve de lucane (non
encore arrivée à son maxi)
-
- Evitez de tenir une larve main fermée, car en cas de
"morsure" vous ne pourrez strictement rien faire, sinon attendre
que la bête veuille bien lâcher prise. Pour l'avoir
une fois expérimenté à mes dépens, je
puis dire que l'expression "prendre son mal en patience" est
vraiment de circonstance, surtout avec une grosse larve, comme
c'était le cas. Bien entendu la morsure est en quelque
sorte plus "réflexe" qu' intentionnelle, mais le
résultat est là !
-
-
- Ne pas confondre
!
-
- La larve du "Rhinocéros" (
Oryctes nasicornis, voir site ) partage parfois les mêmes
gîtes que celle du Lucane, mais si la forme
générale et la taille sont très comparables,
le "crâne" diffère nettement. Comme les illustrations
ci-dessous en témoignent, il est lisse et clair chez le
lucane, et au contraire foncé et fortement ponctué
chez le Rhino.
-
- Lucanus cervus
Oryctes nasicornis
-
- La nymphe
-
- Le moment venu, c'est à dire au terme de leur
croissance, les larves s'enterrent assez profondément et se
confectionnent une loge à leur mesure, comme ci-dessous.
Elles s'y transformeront en nymphes, puis en insectes parfaits
l'automne venu, mais ces derniers n'émergeront qu'au
début de l'été suivant.
-
- loge nymphale....
....de "Cerf volant"
- En dépit d'une taille
déjà fort impressionnante, vous noterez qu'il s'agit
de la loge d'une petite larve.
- Chez les grands
spécimens, la loge en question peut outrepasser le volume
d'une boule de pétanque !!!
-
-

- de gauche à droite: 1)-
loge nymphale de lucane avec mâle "minor" (fin juin); 2
à 4)- la nymphe. Vous noterez qu'elle est beaucoup plus
spectaculaire chez le mâle "major", et vous noterez
également le particularisme de l' "extrémité
abdominale" des nymphes de lucanes mâles ....à
découvrir avant de conclure !
-
-
- .... et suite
logique !
-

- de gauche à droite:
1)- notre petite nymphe, en loge, à 48 h de son passage
à l'adulte.
- 2)- la même,
extraite de sa loge (sur l'agrandissement, et par transparence,
ont distingue nettement les tibias épineux);
- 3 & 4)-un lucane est
né !
-
-
- ....et pour le
plaisir ...tout simplement !
-

- à gauche et au centre:
nymphes de lucanes femelles; à droite:
comparaison des "sexes nymphaux" ( mâle au-dessus !
)
-
-
- qui l'eut cru
!
-
- et en plus .....
..... c'est vrai !
- Comme le cochon, la nymphe du
lucane mâle a la queue en tire-bouchon
!
- En fait, et vous l'aurez
compris, il s'agit du futur pénis ....qui trouvera forme et
place plus conformes à l'état adulte
!
-
-
- Pour
conclure....
-
- Compte tenu de la biologie de l'insecte il importe pour sa
sauvegarde de laisser en place les bois morts, notamment en
milieux forestiers, faute de quoi l'espèce finira par
appartenir au passé. Pour bien prendre la mesure de
l'amenuisement des effectifs il faut savoir que Fabre (1823-1915)
relate avoir rempli un chapeau haut de forme en une seule
soirée. A l'évidence l'éminent entomologiste
aurait bien du mal aujourd'hui à remplir le 1/10 ème
de son couvre chef.
-
- Pour finir nous signalerons que ces insectes sont très
fréquemment la proie des rapaces nocturnes et que les
grandes allées forestières sont parfois
jonchées de restes de Lucanes mâles. Le plus souvent
il s'agit de têtes et de thorax encore unis, comme
ci-dessous, suite à la section de l'abdomen, seule partie
à l'évidence consommable.
-
- Un très édifiant
exemple de "recyclage" ...
.... d'après une photo de Serge Tejero
!
-
- Ces "massacres" ont
été trouvés fin Mai 2009, dans l'Yonne. Ils
étaient regroupés sur moins de 2 mètres
carrés de pelouse,
- sous un érable rouge
servant manisfestement de "salle à manger" à un
rapace nocturne.
- Avec un grand merci à Mr
Serge Tejero, pour sa très aimable contribution
!
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
