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LE FOURMILION !
(Névroptère Myrmeleonidae)
 
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Les Fourmilions sont des insectes Névroptères, de la famille des Myrméléonidés, qui à l'état adulte ressemblent à des libellules. Ils s'en distinguent cependant aisément par la présence d'antennes en massues bien développées, et par la conformation de leurs ailes. Ces dernières sont très grandes, densément nervurées (un peu à la manière d'une résille), et l'apex est pointu. Au repos elles recouvrent en outre l'abdomen à la manière d'un toit, alors qu'elles restent horizontales ou sont accolées face à face chez les Odonates, autrement dit les libellules. Pour finir ces dernières sont diurnes alors que les fourmilions sont eux crépusculaires, voire plus ou moins nocturnes.
 
 
fourmilion adulte étalé détail d'une aile de fourmilion fourmilion au repos portrait de fourmilion
Une allure de libellule ....
...mais des ailes pointues, réticulées, en toit au repos, et pour finir des antennes en massues .... telles sont les principales différences morphologiques.
 
 
fourmilion au repos (photo 1) fourmilion au repos (photo 2) fourmilion au repos (photo 3) fourmilion au repos, et en gros plan. portrait de fourmilion, envol de fourmilion
quelques exemples ..avec un "portrait", et un "échauffement" avant envol ! 
 
Biologie
 
Du fait de leurs moeurs les fourmilions adultes sont assez malaisés à observer, du moins de façon suivie. Dans la mesure où ils affectionnent les buissons et les grandes herbes pour leur repos diurne, il arrive parfois de les y déranger et de les voir prendre un très bref et piteux essor tant leur vol apparaît mou et peu assuré en regard de celui des libellules, y compris des espèces les moins "douées".
 
Ces Névroptères sont surtout connus par leurs larves qui pour la plupart des espèces creusent de très typiques entonnoirs qui s'avèrent d'astucieux et redoutables pièges pour les menus insectes, et notamment pour les fourmis (d'où les noms vernaculaires de fourmilion, ou de fourmi-lion). Ces entonnoirs sont généralement creusés là où la granulométrie du substrat est fine. De ce fait les zones sablonneuses sont particulièrement prisées, et à titre d'exemple ces insectes sont très fréquents dans les clairières, talus, et grandes allées ensoleillées des pinèdes du littoral atlantique.
 
On peut cependant rencontrer des fourmilions en bien d'autres lieux, mais leur présence est toujours subordonnée à l'existence d'un substrat suffisamment fin et fluide pour que les larves puissent y creuser leurs fameux entonnoirs. Toutes proportions gardées nous verrons qu'elles peuvent cependant quelque peu tourner la difficulté.
 
 
La larve
 
Globalement ovoïde, et très trapue, la larve du fourmilion atteint le cm. La tête est relativement petite, plate, et allongée. Elle est dotée de mandibules très longues, fortement denticulées, et les extrémités recourbées en crochets sont particulièrement acérées. En outre ces mandibules sont canaliculées ce qui permet à la fois d'injecter des sucs digestifs, et bien sûr de réabsorber le tout après liquéfaction des tissus de la victime. Une fois cette dernière littéralement vidée de toute substance, la dépouille est rejetée à l'extérieur de l'entonnoir.
 
 
larves de fourmilion (groupe) larve de fourmilion vue dorsale larve de fourmilion vue ventrale larve de fourmilion vue de trois quarts face larve de fourmilion vue de profil
larves du fourmilion ....tous azimuts !
Remarquer, en vue ventrale, le caractère quasi vestigial des pattes antérieures, mais aussi le développement et la position des intermédiaires qui font office de stabilisateurs latéraux.
 
 
tête de fourmilion (mandibules ouvertes) tête de fourmilion (mandibules fermées) tête de fourmilion avec mandibules à 180° fourmilion  en embuscade dans son entonnoir
Tête de la larve du fourmilion avec ses impressionnantes "cisailles" mandibulaires. A droite: la bestiole " in situ " !
Vous remarquerez que les mandibules en question peuvent même s'ouvrir à 180° .....excusez du peu !
 
 
La nymphose 
 

Le développement larvaire demande 2 bonnes années et le moment venu la larve tisse un cocon soyeux et sphérique, de l'ordre d'un petit cm, en y incorporant des particules du substrat l'environnant. Ce cocon est généralement élaboré un peu en dessous du fond de l'entonnoir. Classiquement la larve donnera une nymphe, puis un insecte dit parfait qui émergera au cours de l'été. La ponte s'effectue à même le sable et l'éclosion des jeunes larves n'a lieu qu'au printemps suivant.

 
 
 cocons de fourmilions pré-nymphe de fourmilion nymphe de fourmilion cocons de fourmilions avec exuvies paroi interne d'un cocon de fourmilion exuvie imaginale de fourmilion
de gauche à droite: 1)- cocons sur substrat d'origine (diamètre moyen de l'ordre du cm); 2)- pré-nymphe en position typique; 3)- nymphe de fourmilion; 4)- cocons avec exuvies imaginales en position là aussi classique, c'est-à-dire "coincées" dans la paroi du cocon; 5)- coupe d'un cocon montrant le délicat nacré de la paroi soyeuse interne; 6)- exuvie ( = mue ) nymphale "abandonnée" lors du passage à l' état adulte. On comprend pourquoi elle reste "coincée" !
 
 
nymphe de fourmilion (juste formée) nymphe de fourmilion, plus avancée, nymphe de fourmilion, encore plus avancée. nymphe de fourmilion à terme (adulte prêt à "éclore")
... de la nymphe tout juste formée (à gauche), à la nymphe sur le point de donner vie au fourmilion adulte (à droite).
 
  
cocons de fourmilion cocons de fourmilions ouverts hyménoptères parasites de fourmilion
à gauche et au centre: autre exemple de cocons,  trouvés cette fois au pied d'un mur, en zone terreuse ( pour ne pas dire poussiéreuse ! )
à droite: petits hyménoptères parasites des fourmilions (issus des cocons).
 
 
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr