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- LES CIGALES !
- (Homoptères
Cicadidae)
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- Intro !
En son temps Jean de la Fontaine a
magistralement illustré l'imprévoyance, en opposant
l'insouciante cigale à une fourmi que chacun sait ô
combien laborieuse, et de surcroît peu prêteuse aux
dires de notre grand fabuliste.
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- De nos jours, qui dit cigale dit
avant tout Provence, soleil, vacances, farniente, mais
par-delà le symbolique, et l'omniprésence d'un chant
estival qui lui vaut sa popularité, il faut bien
reconnaître qu'il est plus facile d'entendre la bestiole que
de la voir, même quand elle vous "crève les
yeux".
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- Présentation:
Pour l'entomologiste la cigale est un
insecte Homoptère, par définition piqueur-suceur,
mais aussi porteur de 4 ailes de même nature. Elles sont
toujours disposées en toit au repos, et les
antérieures sont assimilables à des élytres.
La spécificité de la famille des Cicadidés,
c'est-à-dire des "vraies" cigales, tient à la totale
transparence des ailes.
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- cigale (Lyristes plebejus) au
repos
La faune française comporte une
quinzaine d'espèces, essentiellement méridionales. Deux
ou trois d'entre-elles semblent néanmoins pouvoir s'accommoder
de cieux moins cléments (Massif Central par exemple), et la
plus petite espèce de notre faune (Cicadetta montana)
passe même pour atteindre l'Angleterre. À noter au
passage qu'elle est protégée en Ile-de -France par
arrêté en date du 22 juillet 1993.

- à gauche: la Grande
cigale, Lyristes (= Cicada) plebejus (corps 35mm, envergure
100 mm).
- à droite: la cigale de
l'orne, localement dénommée "Cacan", Cicada (=
Tettigia) orni (corps 30 mm, envergure 75 mm) Nota:
l'orne est une variété de frêne.
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- le chant:
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- Les cigales adultes apparaissent vers la
fin juin, et le chant est l'apanage des mâles. C'est bien
sûr une invite à la pariade, autrement dit un appel
sexuel, et selon BENNET-CLARK H (1998) il atteindrait les158
décibels. L'appareil stridulant se situe au niveau du
premier segment abdominal, et les opercules protecteurs
(ci-dessous) sont bien visibles ventralement . Ils sont rigides,
et font office de clapets, ce qui permet la modulation et la
diffusion de la stridulation. Le relèvement de l'abdomen
génère en effet un entrebaillement plus ou moins
important qui induit une relation directe entre l'air ambiant et
la source sonore sous-jacente. En d'autres termes la boîte
musicale de la cigale s'ouvre par le fond, et non par le
couvercle!
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- opercules protecteurs
de l'appareil stridulant
- Chez cette espèce (L.
plebejus) ils sont particulièrement
développés.
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- Pour faire simple nous dirons que
l'appareil stridulant proprement dit est double, et
symétriquement disposé. Chaque partie se compose en
effet d'une membrane plus ou moins structurée et
déformable appelée "timbale" (ci-dessous), laquelle
est en relation avec une très volumineuse cavité
abdominale qui fait office de caisse de résonance. C'est un
peu le principe du tambour, mais la membrane en question est
actionnée par la rétraction d'un muscle
spécifique, et entre 2 impulsions elle reprend sa forme
initiale du seul fait de son élasticité.
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- L. plebejus
C. orni
- A gauche: détail de la
"chambre sonore" de L. plebejus : 1: membrane vibrante,
lisse et transparente chez cette espèce; 2: orifice
d'évacuation de l'air (évent) , et donc des sons;
3: muscle. A droite: détail de la membrane
vibrante, et nervurée, de C. orni. Telles les lames d'un
xylophone, la diversité des nervures chitinisées
ajoute à la complexité harmonique du chant, mais
aussi au "mécanisme" de la stridulation proprement
dite.
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- Pour rester dans le domaine du
comparatif nous citerons les fameux "crickets" qui permettaient
aux GI américains du "Jour le plus long" de se
reconnaître, et de se situer dans l'obscurité. La
stridulation de la cigale relève du même principe,
mais la fréquence des impulsions est évidemment
extrêmement élevée.
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- bizarre, bizarre
!
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- De fait, le bât blesse, car si
notre cigale est ultra performante au niveau de l'émission
sonore, elle semble par contre sourde comme un pot puisque
dépourvue d'organes tympaniques, autrement dit d'
"oreilles". En son temps Fabre l'avait d'ailleurs fort bien
observé, et curieusement démontré. Il avait
en effet constaté que la stridulation de l'insecte cessait
dès l'instant où il entrait dans le champ de vision
de la bestiole, mais qu'elle perdurait quand il menait grand
tapage à l'abri de ses regards. Pour s'assurer de la chose
il avait même fait donner du canon en présence de 6
témoins!
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- gros plan sur la tête
de L. plebejus
- Au volume et à la
proéminence d'yeux à facettes très
performants, s'ajoute la présence de 3 stemmates (=
ocelles). Le tout confère évidemment une excellente
vision à la cigale, mais a priori elle manque par ailleurs
totalement d'oreille, au sens anatomique du terme, et pour une
musicienne ce n'est pas le moindre des paradoxes.
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- Par-delà l'anecdote il est vrai
que la chose est bien troublante, car si la belle est
véritablement sourde, à quoi bon vouloir la
séduire en chantant. Reste que les sexes se rencontrent,
que l'espèce se perpétue, et que dame cigale a sans
doute ses petits secrets. N'étant pas spécialiste de
ces insectes je ne puis en dire plus, si ce n'est que je suis
preneur de toute information sur le sujet, histoire de ne pas
mourir idiot, si je puis dire.
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- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
