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- LE GRAND
CAPRICORNE DU CHÊNE (Cerambyx cerdo)
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- (Coléoptère
Cerambycidae)
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4)
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-
La reproduction
- 1)-
l'accouplement
-
- "Mr. cerdo" (ci-dessous à
l'extrême gauche), avait décidé de ne point se
laisser tirer le portrait, et tant il avait la bougeotte, rien n'y
faisait, pas même la fraîcheur matinale censée
l'engourdir. L'idée m'est alors venue d'essayer de calmer
le jeu, en adjoignant une accorte compagne, au demeurant
déjà fécondée à multiples
reprises par un autre mâle. Vous avez la suite sous les
yeux, et vous conviendrez qu'au pays des cerdo il n'y a pas
d'heure pour les braves, et qu'à l'évidence la
couche importe peu, l'essentiel étant de pouvoir s'y
cramponner !
-
-

- "Vite fait, bien fait " ....et
surtout peu banal !
-
-
- comme les scouts ....
...."toujours prêts" !
2)- la
ponte
Elle suit bien sûr l'accouplement, et
les ufs sont tout naturellement déposés à
pied d'oeuvre, c'est à dire dans les anfractuosités de
l'écorce. A l'éclosion la jeune larvule se fore un
chemin dans ladite écorce, puis le temps et la croissance
aidant, elle finit par atteindre et attaquer l'aubier, puis les
parties plus profondes comme le liber (voire le duramen, c.a.d. le
bois parfait, sur des arbres jeunes).
- L'obtention des oeufs n'étant pas
forcément évidente, un "leurre" a été
proposé, des traits de scie simulant par exemple les
anfractuosités de l'écorce. Comme vous pouvez le
constater l'astuce s'est avérée payante.
-

- de gauche à droite: 1 &
2)- "leurre" et premiers oeufs; 3)- autre leurre,
là bien "garni" (les oeufs sont plus ventrus en raison de
l'avancement du développement embryonnaire); 4)-
jeunes oeufs isolés.
-
-
- 3)- la
larve
-
- larvules...
...
à l'oeuvre !
- La sciure témoigne de
l'éclosion des larves, et surtout de la puissance des
pourtant toutes jeunes mandibules. La très apparente
"saignée" de l'illustration centrale est en effet l'oeuvre
d'une larvule identique à celles de droite, et je rappelle
qu'il s'agit de chêne, sec de surcroît.
-
-

- de gauche à droite: 1)-
larve au terme de sa croissance (elle atteint quasiment la
grosseur de mon petit doigt!). Présentement elle
apparaît brune, suite à son séjour dans
l'alcool, mais sur le vif, comme à droite, elle est de
couleur crème, ou "ivoire"; 2 &
3)-photographiée début Mai, cette larve n'est
pas au bout de ses peines, si je puis dire. De fait, elle va
encore grossir, puis via la nymphose elle atteindra le stade
adulte en automne, mais l'insecte dit "parfait" ne sortira
à l'air libre que dans un an, et même 13 mois pour
être exact ! 4)- coupe transversale d'une branche
maîtresse (30cm de diamètre) attaquée à
coeur. Le triple décimètre donne par ailleurs une
bonne idée de la section des galeries.
-
-
- 4)- la
nymphose
-
- En début d'été, et
au terme d'un développement qui demande 3 à 4 ans,
la larve va creuser le bois nourricier pour aménager une
loge dite nymphale où elle se métamorphosera en
insecte parfait. Les images ci-dessous ( 2e décade de
Juillet) montrent des nymphes fraîchement "écloses",
puisque les yeux eux-mêmes ne présentent pas la
moindre trace de pigmentation. Ces images, assez exceptionnelles,
résultent de l'abattage et du débitage d'un
chêne devenu potentiellement dangereux, mais aussi et
surtout de l'amabilité de son propriétaire qui a eu
la gentillesse de m' aviser de cette opportunité. Qu'il en
soit de nouveau remercié !
-
-

- à gauche: nymphe
de cerdo mâle "in situ", c'est à dire dans sa loge
nymphale;
- à droite: la
même, après extraction, afin de bien visualiser
l'enroulements des antennes, ces dernières pouvant
atteindre une dizaine de cm.
-
-

- nymphe toute "fraîche", et
tous azimuts, de cerdo mâle !
- Bien entendu j'espère une
suite ....disons pigmentaire !
-
-

- nymphe de cerdo femelle,
très récente là encore. Remarquez la relative
brièveté des antennes en regard de celles du
mâle.
-
-
- .... et suite
logique !
-
- à gauche: aspect
pigmentaire de la nymphe de cerdo (mâle) juste avant la mue
imaginale
- au centre: en cours de
mue imaginale; à droite: le tout jeune imago
!
-
- début de la pigmentation,
de la sclérification ( = durcissement ) des
téguments, et de la résorption de
l'abdomen.
- Chez cerdo plusieurs mois sont
nécessaires pour que l'insecte arrive à
maturité.
-
Le protocole nymphal semble classique, pour
ne pas dire banal, mais à la réflexion il l'est
beaucoup moins. De fait la loge est souvent profondément
aménagée, alors que l'insecte adulte est bien incapable
de creuser le bois. A cela s'ajoute la rigidité de la carapace
ce qui lui interdit de gagner l'air libre en empruntant à
l'occasion l'entrelacs des galeries larvaires tant ces
dernières ne sont que méandres et
sinuosités.
Par voie de conséquence la larve va
donc devoir anticiper et préparer sa sortie, ou plus
exactement celle de l'insecte adulte qu'elle deviendra si tout se
passe bien. Pour ce faire elle va creuser une large galerie menant
jusqu' à la périphérie de l'arbre, et là
elle ne laissera qu'une très mince pellicule d'écorce
que l'insecte parfait pourra aisément franchir en la
"grignotant". Parfois même cet ultime écran est en
quelque sorte pré perforé et le moment venu cet
avant-trou facilitera encore les choses.
Une fois la voie tracée notre larve
peut alors s'installer dans sa loge où elle s'isole totalement
en l'obturant avec un excréta calcaire (en l'occurrence du
carbonate de calcium), qu'elle façonne à la demande.
Pour finir elle devra s'orienter dans le bon sens, c.a.d. face
à la sortie, faute de quoi l'insecte adulte serait
condamné car l'exiguïté de la loge ne lui
permettrait pas de se retourner.
- loge nymphale
....
....coupée en 2 !
- Vers la fin de l'été, ou
le début de l'automne, la nymphe va se transformer en
insecte parfait, comme ci-dessus. La sortie à l'air libre
se fera cependant beaucoup plus tard, en l'occurrence en Juin de
l'année suivante, car la maturation est
considérablement ralentie par l'hiver, voire
carrément mise entre-parenthèses.
-
-

-
- à gauche: cette
deuxième moitié de loge permet de voir l'opercule
calcaire, ou plus exactement ce qu'il en reste (flèches
rouges) dans la mesure où le fragile cloisonnement s'est
fragmenté lors du fendage du billot; à
droite: bouchon calcaire isolé, et cette fois intact.
La partie concave, et donc creuse, fait face à
l'intérieur de la logette.
-
-
- Concrètement ....
que faire ?
-
- Par-delà le fait que l'insecte
est protégé ( et que nul n'est censé ignorer
la Loi !), il en est pour préconiser l'introduction d'un
fil de fer souple dans les trous, avec l'espoir d'embrocher les
larves. C'est à l'évidence inutile, et pour tout
dire aberrant, car les trous en question témoignent
précisément de la sortie de l'insecte adulte, et
dès lors il n'y a plus de larves à trucider au fond
desdits trous !
-
- Il en est d'autres pour conseiller des
tampons imbibés de xylophène (ou produits du
même genre), à introduire là encore dans les
trous. Ce faisant il n'est pas dit que l'arbre apprécie, et
par ailleurs la diffusion du liquide insecticide étant
censément limitée, il y a peu de chance qu'une larve
"recoupe" une galerie ainsi traitée. J'ajouterais que les
larves n'étant pas folles ( si je puis dire ! ), elles
peuvent fort bien détecter le produit, et s'en
détourner.
-
- Toujours au chapitre des "grandes
manoeuvres" (quelque peu désespérées et
illusoires !), la pulvérisation d'insecticide de contact
à la surface de l'arbre a ses adeptes....encore faut-il le
faire au moment opportun, autrement dit à la période
de sortie des insectes. J'ajouterais là encore que la chose
est possible sur un bon vieux "têtard", mais pas très
réaliste sur un arbre de 10 ou 15 m de haut, voire
plus.
-
- D'autres enfin "détournent" le
piégeage aérien des collectionneurs d'insectes,
technique basée sur le principe des pièges à
guêpes ( la bière de ces derniers étant
remplacée par des fruits avancés ou de la
confiture), mais là encore il ne faut pas trop rêver
!
-
- A noter que les multiples galeries
larvaires sont la voie ouverte à d'autres parasites,
maladies, ou champignons, qui peuvent évidemment accentuer
et accélérer la dégradation, et à
terme le dépérissement. A noter enfin que des arbres
jeunes et sains peuvent être attaqués, mais le fait
est rare. Ayant toutefois vu le résultat sur des
chênes américains d'une quinzaine de cm de
diamètre (en alignement urbain) je puis dire que l'abattage
est inévitable.
-
- Au final, et vous l'aurez compris, il
n'y a pas grand chose à faire, du moins de
véritablement efficace. En guise de consolation vous
noterez que l'arbre résiste fort bien, et fort longtemps,
mais que son esthétique laisse à désirer
lorsqu'à terme des pans d'écorce finissent par se
décoller, puis tomber. C'est d'ailleurs à ce stade
que l'on mesure toute l'ampleur des dégâts, face au
réseau et aux entrelacs des énormes galeries qui
d'un coup se découvrent. C'est souvent impressionnant, et
croyez-moi, c'est peu dire !
-
-
- Pour
conclure
-
- Je dirais qu'il peut se poser un
dilemme, en quelque sorte juridique, dans la mesure où de
vieux arbres sont à la fois classés et
attaqués par le cerdo, lui-même
protégé. Personnellement je souhaiterais
préserver l'arbre mais il faut savoir qu'une fois
attaqué il est pratiquement condamné car rien ne
saurait venir à bout des larves du Grand Capricorne tant
elles sont profondément enfoncées. Il faudra certes
quelques décades, mais à l'échelle d'un arbre
multicentenaire c'est finalement bien peu.
-
- Je dirais également que le
Ministère concerné risque de devoir réviser
sa copie, ou pour le moins d'y mettre un bémol, car
localement cet insecte pose parfois de sérieux
problèmes, et bon nombre de Municipalités s'en font
d'ailleurs l'écho. Pour l'heure c'est toujours le statut
quo, mais a priori une certaine "tolérance" semble se faire
jour, voire s'imposer. Il est en effet plus facile de traquer les
excès de vitesse, que les "écrabouilleurs" de cerdo,
sans parler de la quasi nécessité d'être
entomologiste pour le différencier d'espèces
voisines non protégées, comme les Cerambyx miles et
velutinus.
-
-

-

- lles pages entomologiques d'
andré lequet
:
http://www.insectes-net.fr