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- LE GRAND
CAPRICORNE DU CHÊNE (Cerambyx cerdo) !
- (Coléoptère
Cerambycidae)
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- (page 2 sur
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Intro
!
C'est un de nos plus grands et plus
spectaculaires Coléoptères, mais c'est aussi l'ennemi
avéré du plus grand et du plus symbolique de nos
arbres !
Présentation
Avoisinant les 6 cm hors antennes le Grand
capricorne du chêne (Cerambyx cerdo) appartient à
la famille des Cérambycidés, autrement dit des
longicornes, laquelle dépasse les 230 espèces pour la
faune française.
Comme son nom le laisse supposer, c'est un
hôte des chênes, et outre les diverses essences
indigènes, il ne dédaigne pas les espèces
américaines souvent utilisées en sujets isolés,
ou encore comme arbres d'alignements en milieu urbain ou
sub-urbain.
L'insecte est actuellement
protégé par la Loi, mais s'il tend effectivement
à se raréfier dans certaines régions (nord par
exemple), force est de constater qu'en d'autres lieux il est loin
d'être rare, et à la limite on peut même dire
qu'il s'y montre nettement plus menaçant que menacé.
Vous verrez (page suivante) que la larve
atteint une taille des plus respectables (7 à 8 cm de long) et
que ses galeries sont à la mesure de cette taille, et aussi du
bel appétit de la larve en question.
- Les sexes sont séparés et
facilement reconnaissables à la longueur des antennes,
celles du mâle excédant très largement la
longueur du corps, alors que celles de la femelle atteignent
à peine l'extrémité abdominale (
cliché ci-dessus).
-
- Biologie
-
- Contrairement à d'autres
longicornes le cerdo attaque le bois vivant, et de surcroît
assez profondément, ce qui peut induire une notable
dévalorisation de l'arbre, et le cas échéant
de ses grumes. Quand l'attaque est importante, et
répétée, on peut même dire que le bois
de chauffe est la seule solution possible tant l'arbre est
taraudé en tous sens.
-
-

- à gauche & au
centre : femelle de Cerambyx cerdo; à droite :
exemplaire mâle.
- (insectes photographiés
à l'occasion d'un abattage de
sécurité).
-
-
- Juste pour info
.....
.... ne pas cofondre !
- Comme les trains ....un
Cerambyx peut en cacher un autre !
- Le Cerambyx scopolii (voir site)
est en effet une sorte de modèle réduit du
cerdo,
- et la photo ci-dessus
témoigne tout à la fois de la convergence des
formes, et de la disparité des
tailles.
-
L'insecte apparaît début juin,
parfois dès la fin Mai, et il est crépusculaire. Par
temps orageux il peut parfois s'activer dans la journée mais
le fait reste très ponctuel. Le Cerambyx cerdo est par
ailleurs apte au vol et là encore c'est entre chien et loup
qu'il est le plus enclin à prendre son superbe et
spectaculaire essor. Il vole en effet lentement, le corps
incliné à 45°, les élytres relevés
en V, et les antennes largement déployées en arc de
cercle.
La vie de l'adulte est brève (
du moins dans la nature ! ), de l'ordre de 1 à 2 mois durant
lesquels il se consacre essentiellement à pérenniser
l'espèce. L'insecte se contente de peu, et il lui suffit
souvent de s'abreuver sur les plaies ou diverses exsudations des
arbres, mais à l'occasion il ne dédaigne pas les fruits
mûrs.
L'époque des émergences venue,
le cerdo s'observe aisément sur les arbres attaqués. Il
déambule lentement, le long des troncs ou des branches
maîtresses, tout en agitant doucement et fort gracieusement ses
longues antennes. Pour finir sachez que le cerdo émet
volontiers une sorte de couinement ou de crissement rythmé,
comme
ici , produit par le frottement
répété du thorax sur la zone abdominale lui
faisant suite.
A noter enfin que le cerdo est plus
généralement présent sur des arbres affaiblis
(âge, maladies, élagages sévères ou
répétés, etc...), et que les sujets plus ou
moins isolés ont souvent sa préférence (haies,
parcs, bosquets, lisières forestières, bords de routes,
etc...).
- Détection
-
- En règle générale
(il est toujours des exceptions ! ), les attaques initiales sont
discrètes et passent aisément inaperçu, du
moins pour l'oeil non averti. Quelques timides écoulements
de sciure le long du tronc ou au pied de l'arbre, ou encore
quelques trous de sorties épars rarement
décelés (et encore plus rarement identifiés
comme tels ! ) sont évidemment le prélude à
des offensives nettement plus caractérisées,
visibles, et sévères.
-
- De fait, les énormes trous de
sorties ( jusqu' 2 cm de diamètre ) se multiplient, et
s'ajoutent d'année en année, car notre bel insecte a
tendance a pondre sur l'arbre où il s'est lui-même
développé. Cette propension explique d'ailleurs que
des arbres sains puissent voisiner avec des "passoires", mais le
plus souvent il faut bien dire qu'il s'agit d'un
sursis.
-
-

- à gauche:
mâle de Cerambyx cerdo en
"vadrouille".
- à droite:
coulée de sciure témoignant de la présence de
l'insecte, et plus exactement de ses larves.
-
-
-
- l'exception
qui....
....confirme
la règle !
-
- Beau "carton", ou "tir groupé",
tel pourrait être l'intitulé de cette illustration.
J'ajouterais qu'il s'agit d'une attaque initiale,
exceptionnellement importante et concentrée (tous les trous
de sorties sont frais, car bien rouges, comme la partie interne de
l'écorce).
-
-
- Faits ... et méfaits
....
-
- 1)- quelques exemples
....
-
- Les illustrations ci-dessous
témoignent d'attaques répétées, et
très importantes, mais aussi d'arbres virtuellement
condamnés, même s'ils peuvent encore "tenir" bien des
années.
-
-
- sur chêne d'alignement
....
..et de haute tige !
- vue d'ensemble et
détail: remarquer la multiplication des trous de
sorties, et l'accumulation de sciure à la base de
l'arbre.
- Notez qu'une dizaine d'arbres
sont alignés, et pareillement
attaqués.
-
-
-
- sur chêne
têtard...
....et
complètement isolé!
- vue d'ensemble et
détails: l'attaque est ici beaucoup plus
récente, mais aussi plus "rondement"
menée,
- (l'isolement de cet arbre
concentrant évidemment les parasites, via une sorte
d'auto-alimentation)
- Ces photos datent de la
mi-octobre 2005 ... à comparer avec les 3 clichés
suivants !
-
- 2)- quand les choses se
corsent .... l'arbre s'écorce !
-

- début Juin 2009 ..
soit moins de 4 ans plus tard !
- Remarquez l'enchevêtrement
des galeries larvaires, et le délabrement
général de la partie aubieuse, quand l'écorce
finit par tomber.
- à droite : un des
"acteurs", flashé in situ !
-

- autre exemple ... "même
punition, même motif ! "
-
-
- 3)- trous et galeries ...
détails
-
-

-
- de gauche à droite; 1)-
Exemple de trou de sortie de l'année. Il se
différencie des plus anciens par la couleur rougeâtre
de l'écorce périphérique interne. Vous
noterez que c'est un excellent moyen de repérer la date des
premières sorties, et partant de pouvoir observer
l'insecte. 2)- la taille des trous de sorties est telle
qu'un doigt peut aisément y pénétrer. 3
& 4)- ces deux clichés se passent de commentaires
quant à la largeur et au volume de certaines
galeries.
-
-

-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
