- ACCUEIL -
COLEOPTERES -
LEPIDOPTERES -
AUTRES -
C-KOI ? -
HISTORIETTES
- NEWS - LIENS
- WANTED
! -
-

-
- LES BOUSIERS
!
- (Coléoptères
Scarabaeidae)
-
- (page 3 sur 3)
-
- - pour quitter les
agrandissements faire "page précédente" dans votre
navigateur -
-
-
- Nous allons maintenant faire plus ample
connaissance avec les bousiers, mais vu l'ampleur du sujet nous
nous limiterons censément à un simple survol, c.a.d.
aux espèces et murs les plus représentatives.
-
- Généralités:
-
- Les bousiers sont des insectes
coléoptères dont la biologie est étroitement
liée aux excréments, d'où leur qualification
de coprophages. Ils sont très répandus et de
très nombreuses espèces sont connues de par le
monde. Leur taille peut dépasser 50 mm, mais beaucoup
n'excèdent pas le cm. La coloration est souvent assez
terne, voire même noire, mais certaines espèces
exotiques sont parées de couleurs métalliques
éclatantes. Le plus connu des bousiers, au moins de nom,
est le très symbolique scarabée sacré des
Égyptiens (*), autrement dit le Scarabaeus sacer des
entomologistes.
-

- Exemple de bousiers exotiques de
type Phanaeus.
- Ce sont
généralement de gros insectes, voir de très
gros,
- et certaines espèces ont
des tendances nécrophages.
-
- Comme leur nom le laisse entendre les
bousiers s'intéressent évidemment aux
excréments, mais pas seulement à ceux des
bovidés. De nombreuse espèces sont en effet
nettement opportunistes, même si d'autres sont effectivement
plus ou moins sélectives, voire franchement
spécialisées. Au final on peut dire que tout
excrément trouve preneur, depuis les crottes de lapins ou
de chiens, en passant par celles des moutons ou des
cervidés. Reste que bouses et crottins sont en quelque
sorte plébiscités par de très nombreuses
espèces et que par ailleurs l'excrément humain a lui
aussi ses adeptes comme nous l'avons vu
précédemment. La répartition des bousiers est
évidemment tributaire des exigences écologiques
propres à chaque espèce , et si certains sont
très largement répandus, d'autres sont au contraire
nettement plus localisés.
-
-
- Le Géotrupe
stercoraire....
....(Geotrupes stercorarius)
- Parfois qualifié de
"sylvestre" (Geotrupes sylvestris), ce bousier est très
commun en forêt.
- Nettement plus éclectique
que ses confrères, il n'est pas rare de le voir
attablé sur des champignons plus ou moins
"avancés".
-
-
- Bon nombre d'espèces sont
nocturnes ou crépusculaires, mais tout autant sont diurnes.
Les bousiers étant des insectes fouisseurs ils sont en
quelque sorte outillés en conséquence (tibias
armés de très fortes pointes, excavation du thorax
permettant un effet de bulldozer, chaperon céphalique
(souvent dentelé) faisant office de pelle et de grattoir,
etc...). Signalons au passage que d'autres insectes, et notamment
des Diptères tels que les Scatophaga, exploitent
également les excréments. Ces mouches, au demeurant
spécialisées, sont d'ailleurs les toutes
premières arrivantes sur une bouse ou un crottin
fraîchement expulsé, alors que nos bousiers
prèfèrent un produit quelque peu
"croûté", la maturation idéale se situant
entre 12 et 48 h.
-
- Biologie
-
- Nous nous contenterons d'une approche
iconographique qui au travers d'espèces françaises
représentatives nous permettra de faire état des
principales techniques d'exploitation d'un excrément type,
tel que bouse ou crottin.
-
- 1)- Les
"Endocoprides"
-
- Sont ainsi dénommées les
espèces qui vivent et se reproduisent au sein même de
l'excrément. Ce sont principalement des Aphodius, insectes
de petite taille (maxi de l'ordre du cm), au corps assez
allongé et au faciès très constant. Les
espèces sont très nombreuses et c'est parmi elles
que l'on trouve le plus de "spécialistes".
-
- exemples
....
d' Aphodius !
-
-
- Le
développement de l'Aphodius fossor
- ( Cette bestiole "squattait" une
bouse, mais un beau crottin n'est pas pour lui déplaire !
)
-

- Larves à terme (ensemble
et détails).
- à droite :
exemples de logettes nymphales.
- (elles sont bien sûr
confectionnées par les larves, au sein même de
l'excrément, par agglomération des fibres
végétales résiduelles).
-
-

- de gauche à droite:
1)-groupe de nymphes; 2)- duo de nymphes : l'une
"jeune" (non encore pigmentée), et l'autre
"âgée", prête à
éclore.
- 3)- nymphe dans sa
logette; 4)- adulte venant d'éclore; 5)- le
même en cours de maturation (coloration et durcissement de
la carapace.
-
-
- ... et au terme de leur
développement ....
... prêts à vivre leur vie de bousiers
!
- Vous noterez que la forme
nominative de l' Aphodius fossor est noire,
- mais que des individus plus ou
moins rougeâtres (forme individuelle silvaticus) peuvent se
rencontrer ça et là, surtout dans le
Nord.
-
-
- 2)- Les
"Paracoprides"
-
- Il s'agit d'espèces vivant dans
l'excrément, mais nidifiant dans le sol, à son
aplomb. C'est le cas des Onthophages, insectes également de
petite taille (n'excédant pas le cm), mais au corps
nettement plus trapu que les Aphodius. Les galeries sont peu
profondes (quelques cm), diverticulées, et chaque
cul-de-sac sert de réceptacle à un uf et
à la nourriture de la future larve. Les 2 espèces
présentées sont parmi les plus communes et les plus
répandues.
-
- Ontophagus vacca
Ontophagus
taurus
-
-
- On trouve également bon nombre
d'insectes d'assez grande taille (1 à 2 cm) tels que les
Copris et les Typhaeus dont les mâles portent de fortes
cornes (unique et céphalique pour le premier, triple et
thoracique pour le second). On trouve également diverses
espèces de Géotrupes, mais contrairement aux
espèces précédentes les sexes sont
morphologiquement comparables. Les galeries de ces insectes sont
nettement plus profondes, de l'ordre de 15 à 30 cm selon la
nature du sol. Elles sont là aussi diverticulées,
chaque espèce ayant ses propres configurations. La galerie
du Minotaure (Typhaeus typhaeus, N°2 ci-dessous) passe
pour pouvoir excéder le mètre pour peu que terrain
s'y prête.
-
-

- 1: Copris hispanus, 2:
Typhaeus typhaeus,
- 3: Geotrupes mutator, 4:
Chironitis irroratus,
-
-
- "Portrait" de
Copris lunaris
-

- Le mâle du Copris
lunaire.
- Vous noterez qu'il s'agit d'un individu
"major", c'est-à-dire à grande corne, par opposition
à la forme "minor", et donc à petite corne. Vous
noterez encore que cette variabilité se retrouve
fréquemment chez les mâles des insectes "cornus" (tel
l'Oryctes nasicornis), ou aux mandibules hypertrophiées
(Lucane par exemple).
-

- ... et la femelle de ce
même Copris lunaire !
- Vous noterez l'absence de corne,
ou plus exactement l'existence d'une simple ébauche
terminée par 2 petites pointes,
- le tout donnant l'impression
d'une corne cassée.
-
- Copris hispanus ! ....
.... Copris lunaris
!
- Ne pas confondre
!
- Nettement plus gros, le Copris
espagnol se rencontre également en France, mais
essentiellement sur le pourtour méditerranéen, et la
Corse
-
-
- 3)-
Les "Télécoprides"
-
- Ce terme se rapporte aux espèces
qui emportent leurs "victuailles", notamment en vue de la
reproduction. Ce sont les "vrais" scarabées et le
"sacré" (Scarabaeus sacer, N°1 ci-dessous)
en
est un peu l'archétype. Avec
ses trois bons centimètres ce dernier est le plus grand des
coprophages français. Ce sont des espèces
méditerranéennes, et ce sont elles qui
confectionnent les fameuses boulettes ou pilules que ces insectes
peuvent rouler assez loin avant de les enterrer, soit pour les
consommer, soit pour y pondre.
-
-

- 1: Scarabaeus sacer, 2:
Scarabaeus laticollis,
- 3: Scarabaeus variolosus
4: Scarabaeus semipunctatus,
- 5: Gymnopleurus
flagellatus
-
- Rôle
écologique
-
- Les bousiers sont des insectes
éminemment utiles car ils contribuent très
efficacement à l'assainissement de notre environnement par
l'élimination physique des excréments de toutes
nature, soit en les consommant soit en les enfouissant. Dans cette
dernière alternative les galeries aèrent les sols et
les excréments les fertilisent. Dans les zones de
pâturages les bousiers jouent également un rôle
économique non négligeable car la dégradation
naturelle d'une simple bouse peut demander plusieurs mois, et
durant ce laps de temps l'herbe sous-jacente ne repousse pas. Par
extrapolation on imagine aisément qu'une accumulation de
ces bouses conduirait à une perte d'exploitation et donc
à un manque à gagner.
-
- Dans le même esprit il faut savoir
que certains antiparasitaires vétérinaires, tel
l'Ivermectine, utilisés chez les bovins et ovins perdurent
dans les excréments et sont nocifs (voire mêmes
mortels) pour tous les insectes coprophages, adultes et larves. En
outre ce type de molécule a une forte rémanence, de
l'ordre de plusieurs mois, d'où un impact important. A
terme la généralisation de tels produits serait
évidemment désastreuse pour l'environnement et bien
sûr pour les activités agricoles concernées.
Par ailleurs rappelons que les bousiers et leurs larves
représentent une biomasse très importante qui sert
de nourriture à de nombreux animaux (oiseaux, batraciens,
mammifères insectivores).
-
- (*) Dans l'Egypte antique c'était le
symbole des forces de la création, de la
fécondité, et de la résurrection. La partie
antérieure de la tête, qui est en demi-cercle et
dentelée, représentait le soleil, et la boule
d'excréments que l'insecte roule figurait la Terre qu'il
était censé rouler de l'aube au crépuscule.
La boule, selon la croyance, restait enterrée 29 jours, et
le trentième jour elle était jetée dans le
Nil où elle donnait naissance à un nouveau
scarabée.
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
:
http://www.insectes-net.fr