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- LE VER-LION ou
VERMILEO !
- (Vermileo vermileo,
ou Vermileo degeeri , Diptères
Vermileonidae)
-
- (page 2 sur
2)
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- - pour quitter les
agrandissements faire "page précédente" dans votre
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-
- Intro !
-
- Encore une drôle de bestiole, si
drôle que tout un labo de Biologie Animale (et j'en
étais ! ), a eu la bête "sous le nez" des
années durant ... et cela sans jamais la voir ! ... ni
même soupçonner son existence !
-
- Depuis cette lointaine
époque une autre espèce de ver-lion s'est
découverte,
- mais celle-là n'a pas
besoin de faire des entonnoirs .... pour s'en prendre à
votre ordi !
-
- Présentation
-
- Le "Ver-lion" ou "Vermileo" est un
Diptère, autrement dit une "mouche" au sens large du terme.
Vous noterez au passage que les Diptères en question ont
toujours 2 ailes, et les Hyménoptères 4
(guêpes, abeilles, etc...). Cela précisé,
notre bestiole relève des Vermileonidae, très petite
Famille, puisqu'elle n'excède pas la quarantaine
d'espèces au niveau mondial.
-
-
- Vermileo degeeri .... tous
azimuts !
-

-
- Vermileo degeeri est la seule
espèce présente en France, le plus souvent par
places, tout en étant nettement plus fréquente en
zone méditerranéenne. Le ver-lion affectionne les
lieux très abrités et chauds, des substrats plus ou
moins sablonneux, voire poussiéreux, étant par
ailleurs indispensables au développement des larves.
-
- La bestiole peut se rencontrer au pied
des arbres, ou encore à l'aplomb de rochers, de troncs
d'arbres à terre ( etc...), mais la base des vieux murs est
également appréciée, la dégradation
des joints, des enduits, ou du matériau proprement dit,
générant souvent une très favorable
pulvérulence.
-
-
- Le gîte
!
-
- Bordant le couloir des salles de Travaux
Pratiques de la Fac, de grandes jardinières
extérieures (ci-dessous à gauche) sont
situées sous une avancée du bâtiment. Il
s'ensuit, orientation aidant, qu'elles ne voient jamais une goutte
de pluie (et pas davantage un tuyau d'arrosage ! ), d'où un
sol en grande partie dénudé, et réduit
à l'état de poussière, du moins en
surface.
-
- A priori on pourrait croire toute vie
impossible, l'ensoleillement ajoutant encore à
l'extrême aridité du substrat, mais notre Vermileo
trouve là chaussure à son pied. Encore faut-il y
regarder de près, et même de très près,
car il s'est installé sous le rebord des fenêtres,
tout contre la maçonnerie, là où l'ombrage
prévaut, la hauteur disponible n'excédant pas
quelques cm.
-
- .
- les fameuses jardinières
....
.... et le gîte du Ver-lion !
-
- Voir sur les agrandissements
!
- à gauche: les
flèches indiquent la localisation des entonnoirs;
à droite: vue très partielle des entonnoirs.
-
- Le "couvert" !
-
- La larve du Vermileo est
carnassière, et la capture des proies, le plus souvent des
fourmis, se fait grâce à une sorte d' entonnoir
faisant office de piège.
Comparativement au fourmilion, qui
use du même type de piège (voir page entomo, rubrique
"autres"), les entonnoirs du Ver-lion sont beaucoup plus petits
(de l'ordre de 2 cm de diamètre maxi), nettement moins
évasés, et le fond est arrondi, tel un minuscule
coquetier.
-
- Toujours au titre des
particularités, l'entonnoir du ver-lion intègre
souvent les inégalités du terrain, ou du substrat
proprement dit, d'où des formes fréquemment
irrégulières, ce qui ajoute encore au
"camouflage" du traquenard.
-
-

- de gauche à droite: 1
& 2)- entonnoirs de Vermileo; 3 & 4)-
entonnoirs de Fourmilions.
- Vous noterez la
différence de forme, et surtout de
taille.
- (élevages sur substrat
d'origine tamisé).
-
-
- Le creusement de l'entonnoir est
nocturne, comme pour le fourmilion, mais le processus est
nettement plus simple. Ramenée sur le cou, la tête de
la bestiole forme un anneau faisant office de pelle, et tandis que
la moitié postérieure du corps est solidement
ancrée dans le sol, la partie antérieure se meut
à la manière d'une minuscule trompe
d'éléphant, et le sable est alternativement
"balancé" de droite et de gauche.
-
- Au fil des "pelletées"
l'entonnoir se creuse, prend forme, et à terme la
larve s'y installe plus ou moins verticalement. De nuit la partie
antérieure reste apparente (comme ci-dessous à
l'extrême gauche), et de jour elle est dissimulée
sous une fine pellicule de substrat.
-
- Quand une fourmi (ou une autre proie compatible) tombe ou
s'aventure dans l'entonnoir, elle est promptement
"cravatée" par le ver (ci-dessous), puis une fois
vidée de toute substance la dépouille est
éjectée par dessus bords.
-
- A l'instar du Fourmilion, la larve du Vermileo peut
"bombarder" ses proies pour accélérer ou provoquer
leur chute, mais la mobilité et l'extensibilité de
la "trompe" suffisent et prévalent bien souvent.
-
- le Ver-lion
dans ses oeuvres !

-
- ci-dessus, de gauche à
droite: 1)- position nocturne; 2 à 5)-
illustration du fameux "cravatage" des
proies.
- ci-dessous:
autre exemple de Ver-lion en attente ... et de "cravatage " d'une
fourmi !
- (la bête
étant méfiante, et ces instants assez fugaces, il a
fallu user d'éclairages variés d'où un rendu
différent de la coloration).
-

-
- La larve
-
- Sauf à tamiser le substrat, ou
à bien connaître la bestiole, il n'est pas toujours
aisé de trouver les larves. Outre leur relative petitesse
(y compris à terme), elles sont en effet toujours enduites
de particules sableuses ou poussiéreuses, et de
surcroît elles ne bougent pas plus de la tête que du
derrière. Cette immobilité, quasi cataleptique, est
bien sûr une forme de défense, car en temps normal,
c'est-à-dire au fond de son "antre", la bestiole est en
fait extrêmement réactive.
-
-

- exemples de larves de
Vermileo.... "avant et après nettoyage"
!
- Vous noterez la forme en "U", ou
en "S", typiquement adoptée lors du déterrage, ou en
cas de simple stress.
- (ce qui favorise grandement le
repérage de la bestiole sur le terrain !
).
-
-

-
- La larve du Ver-lion est dotée
d'une sorte de rostre dévaginable (ci-dessous), à la
fois bouche et poignard. Elle est également dotée,
mais cette fois à l'autre extrémité, d'une
"étoile abdominale" qui n'est pas sans rappeler celle des
larves de Tipules (voir page entomo, rubrique "autres"). Vous
noterez que cette "étoile" doit là aussi encadrer
les orifices respiratoires et anaux, et qu'au vu des
différents clichés elle peut en quelque sorte
s'épanouir, ou au contraire se refermer.
-
................

- duo de gauche: "rostre"
du Ver-lion, dévaginé et
invaginé.
- duo de droite: appendices
abdominaux, en quelque sorte
"étoilés"
-
- La nymphe
-
- La nymphose intervient fin
Mai-début juin et elle se fait à l'aplomb de
l'entonnoir, dans le substrat sous-jacent. La nymphe est dite
"libre" car sans cocon, logette, ou autre structure de protection.
Elle passe aisément inaperçu, car tout comme la
larve, elle est en quelque sorte "enduite" de particules
empruntées au substrat.
-
- la
pré-nymphe .... images exceptionnelles
!
-

- ci-dessus: larve en
pré-nymphose, sous différents angles (mise en
évidence de l'étoile abdominale (centre), et des
soies (à droite); ci-dessous: nymphe fraîche
formée. Vous noterez que la mue nymphale, plus ou moins
tirebouchonnée, reste solidaire de l'abdomen, formant ainsi
une sorte de fausse queue.

-
-
- .... et la nymphe
!

- Exemples de nymphes de Vermileo
(in natura). Remarquer l'enduit poussiéreux (issu du
substrat),
- et comparer avec la nymphe
"propre", car obtenue "hors sol".
-
- Cohabitation ? ... oui ...
mais !
-
- Bien qu'ils soient en concurrence
(même biotope, même technique de chasse, mêmes
proies), Fourmilion et Ver-lion peuvent cohabiter, et les fameuses
jardinières universitaires en témoignent. En fait il
serait plus exact de dire qu'ils voisinent, du moins dans le cas
présent, car les fourmilions (d'ailleurs relativement peu
nombreux) sont installés au grand jour (et soleil ! ),
alors que le Ver-lion est en très grande majorité
retiré sous les appuis de fenêtres, là
où il trouve l'ombrage et le confinement qui semblent lui
convenir.
-
-
- En guise de conclusion
....
-
- Dans le droit fil des toutes
premières et dernières lignes de cette "page
entomo",
- je dirais que notre petit Ver-lion illustre
parfaitement un adage bien connu....
-
- .... "Pour vivre heureux,
vivons cachés ! "
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
