- ACCUEIL -
COLEOPTERES -
LEPIDOPTERES -
AUTRES -
C-KOI ? -
HISTORIETTES
- NEWS - LIENS
- WANTED
!
-
-

-
- L'ORYCTES ou
"RHINOCÉROS" (Oryctes nasicornis)
!
- (Coléoptère
Dynastidae)
-
- (page 2 sur 2)
-
- - pour quitter les
agrandissements faire "page précédente" dans votre
navigateur -
-
-
- Présentation
-
- Oryctes nasicornis est un gros
coléoptère de la famille des Scarabaeidae
(sous-famille des Dynastinae ) qui est répandu dans toute
l'Europe (à l'exclusion des îles britanniques), et le
bassin méditerranéen jusqu'au Pakistan. Brun
rougeâtre, et d'aspect vernissé, il peut atteindre
une taille de 40 mm. Le dimorphisme sexuel, voir ci-dessous, est
très accusé, le mâle arborant une corne
céphalique recourbée en arrière, d'où
le nom de "rhinocéros" donné à
l'espèce. Cet attribut, qui est plus ou moins
développé, est en rapport avec la taille de
l'insecte. Ce rapport morphologique est d'ailleurs comparable
à celui qui préside au développement
mandibulaire des mâles de cerfs-volants (Lucanus cervus
).
-
- mâle.....
....
femelle
- couple de
"rhinocéros"
-
- En France l' Oryctes nasicornis
est largement répandu. Il y est représenté
par plusieurs sous-espèces, mais les avis divergent selon
les auteurs. La ssp. nominative, nasicornis nasicornis ,
occuperait tout le nord du pays jusqu'au bassin de la Seine; elle
ferait place ensuite à la ssp. laevigatus qui serait elle
même remplacée en Corse et Languedoc-Roussillon par
la ssp. grypus , caractérisée par sa grande taille.
Cette répartition laisse parfois place à des
"accommodats" locaux. Ainsi certaines populations
ardéchoises sont quasi inclassables et dans le sud-ouest
l'Oryctes semble accepter le bois résineux.
-
- La fréquence d'Oryctes nasicornis
est assez variable. Il est commun dans le midi et n'est pas rare
en Auvergne où on peut même l'y rencontrer
ponctuellement en grand nombre dans les rebuts de scieries. En
Loire-Atlantique, au contraire, l'espèce apparaît
plutôt peu fréquente et les captures sont à ma
connaissance isolées. Leur taille est assez variable et
certains y ont vu la présence conjointe des
sous-espèces nasicornis et grypus mais le fait n'est pas
probant, d'autant que la taille est souvent influencée par
la qualité et l'abondance de la nourriture, comme c'est
souvent le cas chez de nombreux insectes. J'ajouterais que
l'adulte est donné pour ne point s'alimenter ... mais
j'avoue douter.
-
- D'après Pierre ROBERT, le bois
carié serait nettement plus nutritif que le terreau, mais
ce dernier matériau est néanmoins très
souvent apprécié. C'est d'ailleurs dans un terreau
de feuilles amassé par les jardiniers du campus, que j'ai
trouvé (mi-juin) les larves et nymphes d' Oryctes à
l'origine des premières illustrations de cette page
(aujourd'hui remplacées par des clichés APN)
.
-
- L'adulte d'Oryctes est peu actif,
cependant il vole aisément et "vient aux lumières"
comme de nombreuses espèces de papillons . Selon certains
auteurs il apparaît au printemps, mais personnellement je
l'ai surtout rencontré en juillet, ce qui peut laisser
supposer une durée de vie imaginale assez longue, bien que
l'adulte puisse se passer de nourriture. J'ajouterais qu'il semble
très casanier, et fidèle à son lieu de
naissance, car je l'ai trouvé en un seul point du campus,
en dépit de la proximité de plusieurs biotopes
très comparables.
-
-

- joli mâle attiré
par la lumière de mon piège à papillons
!
-
-

- ..... et avec femelles
!
-
- La ponte
-
- Au gré de racines
dégradées, de composts, et autres substrats à
l'avenant, la femelle va s'enfouir pour déposer ses oeufs
au mieux de leur devenir, chacun étant pondu
isolément, au sein d'une petite logette. Les oeufs de
l'Oryctes sont blancs, sensiblement ovoïdes, et relativement
gros. Compte tenu de cette taille, et de la protection naturelle
induite par leur enterrage, je ne pense pas qu'il soient
très nombreux. Je dirais de l'ordre de la cinquantaine,
mais pour l'heure c'est purement approximatif !
-
-

- à gauche et au centre:
les oeufs du Rhinocéros (si l'on peut dire!)
étaient espérés .....les voici enfin
arrivés !
- à droite: la
pondeuse attablée ... sur de la confiture de
fraises!
-
- Vous noterez que le Rhinocéros
adulte passe pour ne pas s'alimenter, mais que la pondeuse a
été surprise comme ci-dessus à plusieurs
reprises. Les conditions d'élevage pouvant influer sur le
comportement, je me bornerais à signaler le fait. Dans le
même esprit vous noterez que le lapin passe pour ne pas
boire en élevage, et tirer son eau des
végétaux ingérés, mais il boit bel et
bien .... quand on met de l'eau à sa
disposition.
-
- La larve
-
- La larve, ci-dessous, est de type
mélolonthoïde, et donc arquée comme chez le
Hanneton commun (Melolontha melolontha). Par principe elle est
saproxylophage, c'est-à-dire qu'elle se nourrit de bois ou
de débris ligneux plus ou moins décomposés (
généralement non résineux ), mais au fil du
temps, et des évolutions environnementales, les
"goûts" de la bestiole se sont passablement
modifiés.
-
- Fut un temps où les rebuts des
tanneries étaient notoirement "fréquentés",
puis ceux des scieries prirent la relève, et de nos jours
la bestiole "squatte" volontiers les composts. Vous noterez
qu'elle les partage le plus souvent avec la cétoine
dorée (voir site) contrainte elle auusi de s'adapter
à la disparition des gîtes larvaires naturels,
notamment en zone plus ou moins urbanisée. Compte tenu de
son régime alimentaire, et de ses nouvelles habitudes de
vie, l' Oryctes est passé du statut de "non nuisible"
à celui d' "utile".
-
-

- Larves d'Oryctes nasicornis.
Arrivées à maturité, comme
présentement, elle atteignent 6 cm (celles de droite sont
tout juste sorties de mon compost!)
-
-
- La durée du développement
larvaire est généralement de deux à trois ans
en milieu naturel. D'après les données
d'élevage de Pierre ROBERT ("INSECTES" -OPIE- N° 95,
1994) la température et la qualité de la nourriture
ont une grande influence sur la durée de ce
développement larvaire. De fait à une
température optimale de 28-30°, l'imago est obtenu en
quatre à cinq mois, mais parallèlement l'auteur
insiste sur la nécessité d'une diapause
post-imaginale pour une bonne maturation sexuelle.
-
- En élevage cette diapause dure 2
à 3 mois, et demande une température comprise entre
5 et 15°. Ce stade végétatif correspond
probablement à la période hivernale en milieu
naturel, ce que semblent corroborer mes propres observations. Un
phénomène assez comparable s'observe d'ailleurs chez
le grillon champêtre (Gryllus campestris ). En milieu
naturel cet insecte passe en effet l'hiver à l'état
de larve avancée, et termine son développement au
printemps suivant. En élevage, arrivé au stade
larvaire normalement atteint à l'approche de l'hiver, et ce
quelles que soient les conditions ambiantes, notre grillon perd de
son activité, et cesse de s'alimenter durant quarante
jours. Au-delà de ce cap il reprend une activité
normale qui à terme le mène au stade
d'adulte.
-
- Ne pas confondre
!
-
- Vous noterez que les larves de Lucanes
(= Cerfs-volants, voir site) peuvent occuper les mêmes
gîtes que celles de l' Oryctes, et qu'elles sont en outre
très comparables de forme et de taille . La confusion est
évidemment aisée, mais sans conséquence
fâcheuse ... si ce n'est pour l'ego de l'entomologiste en
herbe !
-
-
- Oryctes
nasicornis......
.....Lucanus
cervus !
- Pour les différencier
sachez que la tête est brune et abondamment ponctuée
chez Oryctes (gauche),
- et qu'elle est rousse et lisse
chez les Lucanes (droite).
-
- La
nymphe
-
- Arrivée à maturité,
et donc au maximum de son développement, la larve s'enterre
assez profondément (15 à 20 cm en moyenne), et elle
s'aménage une loge dite nymphale. Ovoïde, très
spacieuse, et plus ou moins individualisée en regard du
substrat, cette loge terreuse atteint presque la taille d'un oeuf
(parois incluses). Le passage à l'état de nymphe,
puis à celui d'adulte, se fera de l'été
à l'automne, mais l'insecte dit "parfait" ne sortira
à l'air libre qu'au printemps suivant, voire en
début d'été.
-
- exemple de loge
nymphale.....
.
....avec
et sans exuvie ( = mue )
- Les loges nymphales atteignent
presque la taille d'un oeuf.
- Elles sont souvent assez
profondément enterrées (15-20 cm), et
constituées de terre "cimentée" par la
larve.
-
-
-

- la nymphe préfigure
l'insecte adulte, ici un mâle ....tous azimuts
!
-
-
- exuvie
nymphale....
....hors normes !
- La nymphose s' étant
faite à la surface du sol, ce qui est très
inhabituel, l'exuvie (= mue) a été retrouvée
telle que, et là c'est carrément exceptionnel.
- (en temps normal tout se passe
dans la loge, et l' exuvie ressemble à une vieille
chaussette tant elle est "tire-bouchonnée" !
)
-
-
- Mue imaginale et
chromatogenèse
-
- Les illustrations ci-dessous ont
été rendues possibles, ou du moins
facilitées, par la nymphe "hors sol" ci-dessus
figurée. Par-delà cette opportunité, il aura
également fallu une surveillance quotidienne ( et
même de tous les instants sur la fin ! ), et aussi beaucoup
de chance pour pouvoir vous présenter la "totale".
-
- Contrairement à beaucoup
d'espèces d'insectes, vous noterez que le chromatisme
thoracique, et une certaine sclérification des
téguments concernés, sont acquis avant la mue
imaginale. Les élytres, sont par contre blancs et mous, car
tout juste déployés, leur coloration et leur
sclérification se faisant ultérieurement et
progressivement.
-
-

- Mue imaginale du "Rhino" ! .....
(4 minutes se sont écoulées entre l'image de gauche,
et celle de droite ! )
- de gauche à droite: 1)- le
déploiement des pattes marque le début de la mue.
Remarquer le décollement de l'enveloppe nymphale, et l'
aspect fripé de la future défroque, un peu comme
l'est une chemise trop grande. 2)- L'ouverture de la
dépouille vient de se faire (flèche); 3-4-5)-
le "dépouillage" proprement dit; 6)- mue nymphale
terminée !
-
-

- ....et chromatogenèse
.... du même !
- ( 22 heures séparent
l'image de gauche, et celle de droite ! )
-
-
- et pour le
plaisir.....
....tout
simplement !
-
-
- En guise de
conclusion....
-
- Je dirais que le campus Nantais (partie
"Erdre") m'a réservé bien d'autres bonnes surprises,
à commencer par Osmoderma eremita ( le fameux "Pique
prune" de l'autoroute ! cf. page entomo ), mais aussi Leptura
fontenayi, longicorne méridional très rarement
signalé dans la région. Cet intérêt
entomologique, entre autres richesses naturalistes, tient bien
sûr à la présence de zones naturelles
très anciennes, boisées notamment, mais aussi
à la volonté de les préserver. Merci donc
à tous ceux qui ont oeuvré pour qu'il en soit ainsi
....et à tous ceux qui devront le faire pour que ça
dure !
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
