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 LA MANTE RELIGIEUSE (Mantis religiosa) !
(Mantoptère Manteidae)
 
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 Défense et "spectrale attitude"
 
Face à un danger la mante use parfois d'une technique d'intimidation là encore originale, et là encore les fameuses pattes ravisseuses sont mises à contribution. Les faces internes portent en effet un tache noire, parfois pupillée ou marginée de blanc, et quand la bestiole ouvre les pattes tel un livre, ou les déploie latéralement, les taches en question sont censées figurer des yeux propres à effrayer le gêneur, voire dissuader le prédateur.
 
Dans le même temps la mante est susceptible d'écarter les ailes plus ou moins largement, et dans le meilleur des cas d'aboutir à la position dite "spectrale", comme ci-dessous, avec les ailes dressées et étalées en éventail face à l'adversaire .... effet dissuasif garanti !
 
jolie bestiole ... mante en position spectrale .... jolie photo !
Superbe attitude spectrale. Photo (et jeans ! ) de Désiré Dembski.
Vous noterez que les taches pupillées de blanc (elles sont souvent entièrement noires), ajoutent beaucoup à la notion d' "yeux", et donc à l'efficience de l'intimidation.
 
A l'occasion la bestiole en rajoute en se balançant lentement de droite et de gauche, et dans la "totale" elle peut même faire frémir ses ailes, voire les faire vibrer, ce qui provoque un effet de bruissement, en quelque sorte avertisseur (un peu à l'instar de la "sonnette" du crotale ! ). N'ayant pas eu l'occasion d' "ouir" ce bruissement je ne puis en juger. Par contre, vidéo à l'appui, vous verrez et entendrez une peu banale réaction défensive, et répétitive, qui me donne à penser que bête est plus "soufflante" que bruissante. Si un spécialiste de ces insectes passe par-là, je serais ravi d'avoir son avis, et ses commentaires.
 
En pratique, quand on veut par exemple la saisir, la mante se contente le plus souvent de fuir "à pattes", en se faufilant dans la végétation avec une étonnante agilité. Elle peut pareillement s'envoler, souvent d'ailleurs après une esquisse de fuite pédestre, mais c'est surtout le fait des mâles en raison de leur moindre corpulence. Quand elle est saisie, la mante sait fort bien jouer de ses "éperons", et la sensation de piqûre, aussi minime, fugace, et inoffensive soit-elle, suffit souvent pour créer un effet de surprise ... et vous faire lâcher la bestiole !
 
exemple d'attitude défensive de mante religieuse exemple d'attitude défensive de mante religieuse exemple d'attitude défensive de mante religieuse .................................. exemple d'attitude défensive de mante religieuse exemple d'attitude défensive de mante religieuse exemple d'attitude défensive de mante religieuse 
.... quelques exemples d'attitudes défensives de mante !
Les plus caractérisées (comme à droite), sont qualifiées de "spectrales", mais l'effet est nettement plus réaliste et spectaculaire quand les taches noires sont largement pupillées de blanc, d'où une plus effective ressemblance avec des "yeux" (pour l'année prochaine .... avec un peu de chance ! ).
  
L'accouplement !
 
L'insecte est adulte courant août, et la reproduction intervient de septembre à octobre. Au terme de l'accouplement la femelle a souvent tendance à passer à table aux dépens de son partenaire. Pour impérieuses qu'elles puissent paraître, ces sanguinaires agapes ne sont pas nécessaires à la pérennisation de l'espèce, et on peut évidemment s'interroger sur leur origine et leur raison d'être. Le fait serait semble-t-il fréquent en vivarium, et si certains entomologistes considèrent que le rôle du mâle relève du kleenex, et en l'occurrence de l'usage unique, d'autres préfèrent y voir une forme d'abnégation, ce qui est certes plus gratifiant mais tout aussi incompatible avec la notion même d'instinct.
 
En pratique il en va souvent différemment car en l'espace de quelques jours un mâle "venu de nulle part" s'est accouplé avec 3 femelles, l'une d'elles se voyant même "honorée" à deux reprises en l'espace de 48 h. ( voir la vidéo d'un accouplement ! ) Ce sont donc 4 accouplements successifs au terme desquels le mâle s'est toujours fort prudemment envolé ... des fois que ! J'ajouterais que l'accouplement dure plusieurs heures, parfois jusqu'à 5 ou 6 ( excusez du peu ! ), et que le mâle précité a dû être attiré par les fameuses "phéromones sexuelles" émises par les femelles.
 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 2. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 3. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 4.
Panel d'accouplements !
C'est parti pour 5 h d'affilées ... au bas mot ! 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, gros plan du mâle. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 5. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 6 Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement, photo 7
 
 
 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement  sur main, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement  sur main, photo 2 Mante religieuse (Mantis religiosa),  accouplement  sur main, photo 3.
Parole de mâle ... j'y suis j'y reste !
 
 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  détail  de l'accouplement, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa),  détail  de l'accouplement, photo 2. Mante religieuse (Mantis religiosa),  détail  de l'accouplement, photo 3. Mante religieuse (Mantis religiosa),  détail  de l'accouplement, photo 4.
 .... indiscrétions copulatoires !
 
L'art et la manière de joindre l'utile à l'agréable !

Comme évoqué en intro le cannibalisme est fréquent, et de plus favorisé par l'importante différence de taille entre les mâles et les femelles, mais les écarts au sein d'un même sexe peuvent être suffisamment significatifs pour se faire incitatifs en cas de rencontre ... et de "p'tit creux" ! En outre les "distances de sécurité" et "zones d'évitements" semblent avoir été quelque peu négligées par Dame Nature ", d'où un relatif manque de défiance, patent en captivité, mais largement compensé par l'espace vital disponible "in natura".

Au pays des mantes religieuses les amours peuvent également s'avérer fatales pour le mâle, mais c'est loin d'être systématique, l'envol salvateur prévalant le plus souvent. Cela dit notre mâle n'a pas intérêt à "s'endormir sur ses lauriers", et encore moins à demeurer à portée des pattes ravisseuses de sa partenaire. Le "passage à table" ( si je puis dire ! ), est d'autant plus spectaculaire qu'il peut intervenir alors que les bestioles sont encore accouplées, mais cela est à mon avis peu fréquent et reste sans doute subordonné à un ventre particulièrement affamé.

 
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à gauche: illustration du cannibalisme; ... et ici en vidéo !
à droite: alors qu'un "confrère" est en train de se faire croquer, un second mâle en a profité pour s'accoupler !
 
 
  Quand les plaisirs de la table et de la chaire ne font qu'un !
L'abdomen du mâle est encore réactif, et en dépit de mes manipulations photographiques la femelle a bien du mal à se séparer ...
.... de ce qui reste de son partenaire !
 
 
La ponte !
 
La ponte, (200 à 300 oeufs) est contenue dans une oothèque (sorte de "boîte à oeufs"), ovoïde et très structurée, dont le constituant s'apparente à la soie des cocons de lépidoptères. Emise sous une forme blanche et crémeuse cette "soie" est brassée et agencée par les valves génitales, comme cette vidéo le montre. Au contact de l'air elle durcit très rapidement, adhère fortement au support, et brunit progressivement.
 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa), femelle à pondre, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa), femelle à pondre, photo 2. Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque, photo 2.
Mante à pondre, encadrée par 2 oothèques. Sur celle de droite, idéalement conformée,
on distingue nettement la zone des futures éclosions (bande médiane plus claire).
 
Une seconde ponte peut suivre, relativement rapidement, mais les oothèques dignes de ce nom, c.a.d. bien conformées et "garnies", sont en principe peu fréquentes, car le plus souvent il s'agit d'évacuer ce qui doit l'être. Lors d'années exceptionnellement favorables, comme 2003, des pontes "multiples" paraissent cependant possibles. J'en veux pour exemple la précocité de certains signalements (août-septembre), et le fait d'avoir encore observé des femelles "archi pleines" dans les derniers jours d'octobre.
 
Le choix du support importe guère car on peut trouver des oothèques sur les murs, les grosses pierres, les piquets de clôture, ou sur toute formation végétale suffisamment rigide (branchettes d'arbrisseaux, rameaux de ronces, tiges ligneuses de plantes herbacées, etc...). A noter encore que la formation de l'oothèque n'est pas sans rappeler la mousse de polyuréthane, mais pour s'en convaincre il faut avoir vu une mante à l'oeuvre ... et être bricoleur !
 
Les oeufs proprement dits sont jaunes, très allongés, et régulièrement disposés au fur et à mesure de l'élaboration de l'oothèque. Ils n'occupent que la partie centrale, et ils sont logés dans des cellules très étroitement accolées qui forment une sorte de noyau si dense et résistant qu'une lame de rasoir peine à l'entamer. Le reste de l'oothèque est essentiellement lamellaire, très aéré, nettement moins rigide, et partant plus fragile.
 
 
Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque en coupe sagittale. Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque en coupe transversale Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque en coupe horizontale, photo 1 Mante religieuse (Mantis religiosa),  oothèque en coupe horizontale, photo2.
De gauche à droite: 1)- coupe sagittale: vous noterez le noyau central (où les oeufs sont regroupés), et son entourage protecteur. Au sein du noyau on distingue l'enveloppe des oeufs (reflets gris / bleutés), et au-dessus une zone lamellaire constituée de tubules accolés par où sortiront les jeunes larves (chacune ayant son propre tubule); 2)- coupe tranversale: là encore vous noterez le noyaux central avec les oeufs disposés en "coquille Saint Jacques"; 3 & 4)- coupes horizontales montrant la disposition des oeufs. Sur la dernière photo (oothèque vide) les enveloppes des oeufs ont été extraites des alvéoles, afin d'améliorer la "lisibilité".
 
 
Mante religieuse (Mantis religiosa), "tranche"  d'oothèque montrant  la protection du noyau, photo 1. Mante religieuse (Mantis religiosa), "tranche"  d'oothèque montrant  la protection du noyau, photo 2. oeufs de mante religieuse
ci-dessus, à gauche et au centre: "tranche" d'oothèque montrant le "gaufrage" assurant la protection mécanique et thermique du noyau, et donc des oeufs; à droite: les oeufs, sitôt la ponte (ce genre de cliché est très vite rendu impossible car le durcissement de l'oothèque est très rapide).
ci-dessous à gauche: totalité des oeufs ( 252 ! ) prélevés sur femelle fraîchement morte ( sans raison apparente ! ); au centre: dans la perspective d'une seconde ponte, détail montrant les oeufs en formation dans les ovarioles (flèches); à droite: oeuf isolé.
Mante religieuse (Mantis religiosa), oeufs prélevés sur femelle fraîchement morte. Mante religieuse (Mantis religiosa), détail des oeufs en formation dans les ovarioles. Mante religieuse (Mantis religiosa), oeuf isolé.
 
 
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr