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La GRANDE SAUTERELLE VERTE !
Tettigonia (= Locusta) viridissima, Orthoptère Tettigonidae
 
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Intro !
 
C'était à l'âge des culottes courtes, et il me souvient de mes premières rencontres avec ce que j'appelais un "couteau", ou encore un "midi". Il me souvient surtout de la crainte éprouvée face à cette grande sauterelle, dont le fameux "couteau" prenait des allures de poignard tant il m'apparaissait redoutablement long et acéré.
 
Il aura fallu du temps, et que mes culottes s'allongent quelque peu, avant que je puisse me saisir de la bête pour la mieux regarder, mais une certaine appréhension est longtemps demeurée.....
 
Bien des années plus tard, je découvrais une nouvelle et superbe espèce de
"grande sauterelle"
 
Présentation
 
Tout ce qui habite prairies, et jaillit en tous sens sous nos pas, est généralement qualifié de "sauterelles". Pour l'entomologiste il s'agit le plus souvent de criquets, et la nuance est d'importance. De fait les vraies sauterelles portent toujours de très longues antennes, et les femelles des tarières, alors que les criquets sont dépourvus de cet organe de ponte, et dotés d'antennes extrêmement courtes en regard de celles arborées par leurs "cousines" (cf. ci-dessous).
 
 
comparatif antennes criquets et sauterelles
à gauche: les antennes, toujours très longues, des vraies sauterelles.
au centre et à droite: exemples de criquets, qui sont toujours porteurs d'antennes courtes
 
 
Ce sont là les critères les plus apparents, mais il en est bien d'autres, et pas seulement morphologiques. A titre d'exemple les criquets sont essentiellement végétariens et terrestres, alors que les sauterelles sont globalement considérées comme plus ou moins carnassières et arboricoles. J'ajouterais que ces dernières volètent plus qu'elles ne volent, du moins en regard des criquets dont certaines espèces migratrices sont connues pour pouvoir couvrir leur millier de km d'un jet, voire plus encore. Il convient toutefois de préciser que ce sont d'excellents planeurs, et que les vents jouent évidemment un rôle important dans leurs déplacements.
 
Pour illustrer le propos, et le distinguo, je ferais état des fameux et dévastateurs nuages de "sauterelles", lesquelles sont en fait des criquets. Dans la seconde moitié des années 1800 de telles invasions se sont produites à plusieurs reprises en Algérie, certaines en arrivant à parfois obscurcir le ciel. Pour les plus importantes les estimations font état de 30 milliards d'individus, soit 40.000 tonnes de ventres affamés, et l'équivalent d'un département dévasté. De nos jours, chimie aidant, les invasions sont sans commune mesure, mais ponctuellement elles restent encore très dommageables en de nombreux pays. A noter au passage qu'elles résultent bien souvent de regroupements, et non de véritables migrations.
 
Cela dit, sauterelles et criquets relèvent de l'Ordre des Orthoptères, et les premières (apparentées aux grillons), sont classées dans le sous-Ordre des Ensifères, par opposition aux seconds qui le sont dans celui des Caelifères. Dans ce contexte , la grande sauterelle verte, Tettigonia viridissima, appartient à la famille des Tettigonidae, largement représentée en France.
 
Morphologie
 
femellefemelle adulte de grande sauterelle mâle de Tettigonia viridissimamâle
Couple de Tettigonia viridissima (= Locusta viridissima). La grande sauterelle verte est également appelée "sabre",
ou encore "sauterelle à sabre", eu égard à l'importance et la forme de la tarière des femelles.
 
 
femelle de locuste ....femelle de Locuste....sur fleurs de lierre !
La floraison du lierre est brève, mais très attractive, d'où la présence de nombreux convives ...mais aussi de prédateurs ! Au titre des "consommateurs", et des "consommés", on trouve de nombreux Diptères et Hyménoptères, mais aussi des Lépidoptères ....et une locuste à l'occasion !
 
 
Grande sauterelle verte (photo 1) Grande sauterelle verte (photo 2) Grande sauterelle verte (photo 3)
la Grande sauterelle verte ... no comment ! 
 
La morphologie des 2 sexes est très comparable, mais la femelle est dotée d'une tarière, organe de ponte également dénommé "oviscapte" ou "ovipositeur". L'insecte est entièrement vert, à l'exclusion d'une bande couleur rouille ("ferrugineuse" aurait dit Bourvil !) sur le dessus du corps, et liseré à l'identique le long de la frange supérieure des élytres. Ailes comprises la taille de l' espèce atteint 6 cm, pour une envergure de dix. A noter au passage que les grandes espèces de sauterelles (s.l.) exotiques approchent les 25 cm d'envergure.
 
 
vue de dessous extrémité abdominale du mâle (vue de dessous) extrémité abdominale du mâle (vue latérale)vue latérale
Chez Tettigonia viridissima, les cerques (flèche rouge) dépassent très largement les styles (flèche verte).
Chez Tettigonia cantans, les premiers dépassent à peine les seconds.
 
 
A noter également que Tettigonia cantans, espèce très voisine, se distingue aisément par la brièveté des ailes, lesquelles atteignent tout juste la longueur des cuisses postérieures. A noter enfin que les 2 espèces ne cohabitent guère, bien que leurs moeurs soient très comparables. Par delà le fait que T. cantans soit montagnarde, et recherche les biotopes plutôt humides, alors que viridissima est plus largement répandue, et préfère les milieux secs, on peut dire que ce phénomène d'éviction est classique, et pas seulement chez les insectes. Il traduit le plus souvent une dominance numérique, elle même issue d'une meilleure adaptation au milieu.
 
 
tête de locuste (profil)   tête de locuste, détail des yeux tête de Grande sauterelle verte (vue de face) tête de locuste, détail des mâchoires
de gauche à droite : 1)- profil de la tête de Locuste; 2 & 3)- le regard qui tue !
4)- tête de 3/4, remarquer la puissance des mâchoires;
 
 
vues externes .... mâchoires isolées de tettigonia viridissima (photo 1) mâchoires isolées de tettigonia viridissima (photo 1) ....vues internes
mâchoires isolées de la Grande sauterelle verte (prélevées sur vieil insecte de collection, d'où la décoloration)

à noter au passage : la grande sauterelle passe pour mordre douloureusement, mais pour ma part je dirais qu'elle peut surtout fortement pincer , et que l'effet de surprise "surdimensionne" quelque peu la douleur. J'ajouterais que l'insecte ne fait que se défendre, car correctement manipulé, c.a.d. en "douceur", il n'est pas particulièrement agressif. En d'autres termes, évitez tenir la bestiole dans le creux de la main, poing fermé, car c'est la morsure quasi assurée ...et cela vaut pour bien d'autres bestioles et leurs larves !

 
l'élytre et l'aile membraneuse de la locuste tarière de  locuste femelle adulte
à gauche: élytre et aile membraneuse de femelle; à droite: tarière de femelle adulte.
A noter que la grande sauterelle verte est communément dénommée "sauterelle à sabre",
en raison bien sûr de la forme de son impressionnante tarière.
 
 
 
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr