ACCUEIL - COLEOPTERES - LEPIDOPTERES - AUTRES - C-KOI ? - HISTORIETTES - NEWS - LIENS - WANTED ! - MAILS d'OR -
 
 
LE GENDARME OU SUISSE !
(Pyrrhocoris apterus, Hétéroptère Pyrrhocoridae)
 
(page 2 sur 2)  
 
- pour quitter les agrandissements faire "page précédente" dans votre navigateur -
 
 
Intro !
 

pyrrhocoris apterus adulteBeaucoup d'insectes n'ont pas de nom commun, mais le Pyrrhocoris apterus ( ci-contre ! ) les cumule ... et même les accumule !

 
"Gendarme", "Suisse", "Soldat", "Punaise rouge", "Cherche-midi", tels sont les noms vernaculaires les plus couramment utilisés pour désigner le Pyrrhocore, autrement dit la "punaise au corps de feu".

La liste n'est pas exhaustive, et ces dénominations, plus ou moins régionales, témoignent de la vaste répartition de l'insecte. Elles témoignent également de son caractère peu farouche, et d'un côté "m'as-tu vu" inhérent à sa parure et au fait qu'il vit en "colonies", ces dernières affectionnant de surcroît les abords et murs ensoleillés de nos demeures, y compris urbaines à l'occasion.

  
Présentation ! ... et morphologie succincte !

Entomologiquement parlant le Pyrrhocore (10 à12 mm à l'état adulte) est un Hémiptère, et plus précisément un Hétéroptère, autrement dit une "Punaise". Ce type d'insecte est caractérisé par la présence d'élytres dotés d'une partie antérieure cornée (la "corie"), et d'une partie postérieure dénommée "membrane" en raison de sa minceur (cf. ci-dessous). Tous ces insectes sont dits piqueurs-suceurs, et donc dotés d'un rostre conformé à cet effet.

 
l'élytre des punaises l'aile du pyrrhocoris apterus détail de l'aile membraneuse de pyrrhocoris apterus l'aile du Pyrrhocore
à gauche: élytre typique d'une punaise "anonyme" (1= "corie", 2= "membrane")
au centre et à droite: l'aile proprement dite du Pyrrhocore est vestigiale (flèches), d'où le nom d'apterus.
 
Nota: les formes "brachyptères" (= ailes courtes), comme ci-dessus, sont la norme, mais il existe cependant des formes individuelles macroptères (= à grandes ailes), mais l'insecte reste néanmoins inapte au vol.
 
 
A noter au passage qu'il existe de très nombreuses espèces de punaises (environ 2000 pour la faune française), les unes terrestres comme notre "Gendarme", et les autres aquatiques comme les Notonectes, Nèpes, et Ranatres (voir pages entomo), ou encore les Naucores. La grande majorité d'entre elles se nourrit de la sève des végétaux, mais certaines son connues pour être carnassières et s'attaquer par exemple à d'autres insectes, ou encore à des araignées. Il en est également pour s'en prendre aux oiseaux, ou encore aux mammifères, et voire même à l'homme comme la Cimex lectularius, c.a.d. la punaise des lits. Juste retour des choses (si l'on peut dire!), les grandes espèces exotiques comme les Bélostomes sont fréquemment consommées par les populations locales (cf. page "entomophagie")
 
.
exemple de Belostomebelostome(grosse punaise aquatique)
 
 
Bon nombre de punaises sont par ailleurs bien connues pour dégager une odeur fort désagréable, et en l'occurrence il s'agit d'un moyen de défense au demeurant plutôt efficace. Quelques espèces, à l'instar des Notonectes sont dotées d'un rostre très puissant, et leur piqûre peut s'avérer passagèrement douloureuse.
 
 
Pyrrhocoris apterusrostres de pyrrhocoris apterus et de notonecteNotonecta glauca
Le Pyrrhocore n'a pas d'odeur, et il est totalement inoffensif en dépit d'un rostre très développé (flèche). Celui de la Notonecte (espèce aquatique de 12 mm) est nettement plus court, mais aussi plus puissant, et l'insecte peut infliger des piqures douloureuses lorsqu'il est manipulé sans un minimum de précautions. 
 
Eléments de biologie
 
Les Pyrrhocores sont des insectes grégaires très souvent observables au pied des arbres, et notamment du tilleul, car les "fruits" de ce dernier sont particulièrement appréciés. Il faut cependant se garder de généraliser, car ces insectes sont à la fois plus éclectiques, et non moins fréquents le long des supports bien exposés et ensoleillés, notamment des murs.

A titre d'exemple, et là j'avoue une certaine surprise, j'ai pu observer une très importante colonie installée dans les graviers protégeant la base d'un mur récemment crépi. Longeant la bordure de gravillons une allée de terre dénudée ajoutait encore au côté pour le moins "spartiate" du biotope, tout en donnant accès à une zone à la végétation rase et très clairsemée où les insectes trouvaient semble-t-il leur subsistance. C'était précisément dans la dernière décade de Juin, et tout à la fois on pouvait observer des adultes, des accouplements, des larves âgées, et des individus venant de faire leur mue imaginale.

 
 
"gendarmes" (pyrrhocoris apterus) adultes sur  fruits du tilleul. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus) adultes, photo 1. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus) adultes, photo2. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus) adultes, gros plan.
à gauche: les "fruits" du tilleul, le met préféré des Pyrrhocores; à droite: gros plan; au centre: les "gendarmeries" sont parfois très populeuses,
et peuvent donner lieu à des rassemblements spectaculaires, notamment en automne et au sortir de l'hiver;
 
 
"gendarmes" (pyrrhocoris apterus)n accouplement, photo 1. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus)n accouplement, photo2. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus)n accouplement, photo3.
 Exemples d'accouplements !
à gauche et au centre: femelle "en haut"; à droite: femelle "en bas".
Comme vous pouvez le constater, les sexes sont très peu différents.
( le mâle est généralement un peu plus petit et plus étroit que la femelle) 
 
 
"gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves, photo 1. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves, photo2 .............."gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves, photo3 "gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves, photo4
à gauche: "tout venant" d'adultes et de larves à divers stades larvaires;
à droite: "tout venant" de larves
 
 
"gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves âgées. "gendarmes" (pyrrhocoris apterus), larves, photo 1 "gendarmes" (pyrrhocoris apterus), très jeune larve.
à gauche: (hormis l'adulte du 1er plan) larves proches du stade adulte, et donc en passe de terminer leur développement larvaire. Cette phase est reconnaissable au grand développement des "ébauches alaires" (en noir); au centre: larve venant de faire sa "mue imaginale" et donc de tout juste passer à l'état adulte. La pigmentation (acquisition graphique et chromatique) va se faire progressivement, tout comme la "sclérification" (= durcissement des téguments), ce qui n'empêche pas la bestiole d'être très active, fait peu fréquent chez les insectes; à droite: très jeune larve. Par-delà l'évident critère de taille, vous remarquerez l'absence d'ébauches alaires bien différenciées 
 
Errare humanum est !
 
Il est des jours où on ferait mieux de ne point se lever, ce qui éviterait de mettre en ligne n'importe quoi, d'où ma confusion et mes remerciements à Marc Esslinger pour m'avoir obligeamment avisé d'une "petite erreur" ....que je considère valoir un zéro pointé !
 
En fait les images ci-dessous montrent une grosse colonie d' Oxycarenus lavaterae adultes, "punaises" relevant de la Famille des Lygeidae, comme les quelques Pyrrhocoris apterus visibles sur les 2 premiers clichés . Pour conclure je dirais qu'un "gendarme" peut en cacher un autre ... mais c'est une bien mauvaise excuse !
 
 
Nichée d' Oxycarenus lavaterae, avec quelques  Pyrrhocoris (photo1) Quelques Pyrrhocoris "égarés"
Ces quelques Pyrrhocoris apterus n'ont rien à voir avec les plus petites et nombreuses bestioles,
hormis le fait d'appartenir à la même Famille.
 
 
Nichée d' Oxycarenus lavaterae (photo1) Nichée d' Oxycarenus lavaterae (photo2) Nichée d' Oxycarenus lavaterae (photo3)
Belle nichée, a priori d' Oxycarenus lavaterae, installée à la mi-Mars dans la fente cicatricielle d'un arbre. En dépit de leur petitesse ces "punaises"
sont adultes, d'où la présence d'ailes membraneuses bien développées, conférant la possibilité de plus ou moins voleter.
 
 
Oxycarenus lavaterae, gros plan (photo1) Oxycarenus lavaterae, gros plan (photo1)
.... gros plans ... pour mini bestioles !
 
 
 
En guise de conclusion !
 
A l'époque j'étais gamin, et le jardin de ma Grand-mère regorgeait de "futures" et délicieuses confitures....
 
Par-delà le cassis et la groseille, ma préférence allait aux framboises, et gourmandise aidant j'avais plutôt tendance à les cueillir par poignées, et à les ingurgiter de même.
 
C'est ainsi qu'une punaise est traîtreusement passée inaperçue, et pour l'avoir véritablement croquée je puis vous assurer que l'odeur, pour désagréable qu'elle soit, n'est rien en regard du goût ......HORRIBLE !!!!!!
 
 
FIN
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr