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LA COURTILIÈRE !
(Gryllotalpa gryllotalpa, Orthoptère Gryllotalpidae) !
 
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La courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa) est communément appelée "Taupe-grillon", dans la mesure où ses moeurs et sa morphologie évoquent l'un et l'autre de ces animaux. En terme de classification c' est un Orthoptère, comme le sont par exemple les grillons, les criquets, ou encore les sauterelles.
 
comparaison courtilière et taupe courtilière en main
Ces clichés comparatifs entre la courtilière (à gauche), et la Taupe (à droite), permettent de relever une réelle convergence de forme, voire une certaine analogie, notamment en ce qui concerne la forme et la disposition des membres antérieurs.
 
 
La bestiole est particulièrement imposante par le poids et la taille (5 cm), et à l'occasion elle peut impressionner qui ne la connait pas. Son activité est surtout nocturne, et à l'instar de la taupe elle est parfaitement adaptée au fouissement, d'où une vie pour l'essentiel souterraine. Les sexes diffèrent très peu, et d'autre part larves et adultes se ressemblent.
 
Les courtilières se nourrissent de racines et de tubercules, mais aussi de vers de terre, ou encore d'insectes et larves également terricoles. Concernant ces dernières, cela vaut notamment pour les vers dits "blancs" (hannetons en tous genres) et "gris" (tipules idem), mais ces "bienfaits" ne sont pas forcément à la hauteur des dégâts pouvant être par ailleurs occasionnés.
 
 
"portraits" comparatifs courtilière et taupeTaupe (Talpa europaea) de face, idem courtilière
 
Quand la fonction crée l'organe: "portraits comparatifs"!
 
à gauche: Taupe- grillon (Gryllotalpa gryllotalpa); à droite Taupe "tout court" (Talpa europaea)
- remarquer l'analogie de forme et de disposition des pattes fouisseuses.
- remarquer également leur puissance et celle des griffes.
 
 
La Taupe-grillon affectionne les terrains meubles, et bien drainés, et autrefois elle abondait dans les cultures maraîchères où elle pouvait d'ailleurs s'avérer nuisible. Cette époque est bien sûr révolue, les insecticides et autres biocides ayant eu raison de sa résistance et de sa prolificité. La ponte est en effet importante, de l'ordre de 200 à 300 oeufs, qui sont pondus dans une sorte de nid constitué de terre agglutinée où les toutes jeunes larves passeront quelques semaines avant de se prémunir des rigueurs de l'hiver en s'enfouissant profondément dans le sol. Elles refont surface une fois les frimas passés et terminent alors un développement larvaire qui demande une bonne année. Il comporte en effet 5 stades (l' enfouissement hivernal ayant lieu après la 2ème mue) et l'insecte devenu adulte à l'automne ne s'accouplera qu'au printemps suivant.
 
patte fouisseuse de courtilière"mains" fouisseuses de taupe
Illustration, et comparaison, de l'adaptation au fouissement
à gauche: patte fouisseuse de courtilière ou taupe-grillon (Gryllotalpa gryllotalpa)
au centre: patte fouisseuse, face externe, de la taupe commune (Talpa europaea);
à droite: idem face interne. Dans les deux cas notez la disposition et la puissance des griffes.

Les courtilières adultes émettent un chant, sorte de roulement doux et bas, et fait surprenant elles sont aptes au vol (aile ci-dessous) en dépit de leur corpulence et d'une morphologie qui semble pourtant bien peu adaptée à ce genre d'exercice.

aile membraneuse aile membraneuse de courtilièrede la courtilière
Au final on peut dire que les moeurs de ces insectes rendent son observation assez difficile. Sa présence est en effet surtout décelable à l'occasion du creusement de galeries de cheminement très superficielles qui entrouvrent plus ou moins le sol, souvent sur plusieurs mètres.
 
 
oups !
 
Littéralement "scotchée" sur le macadam d'une aire autoroutière de la région toulousaine, cette étonnante courtilière a été photographiée de nuit par Sophie Vlemincx. La bête agonisait, et vrombissait par intermittence, ce qui a attiré l' attention de l'auteur.
 
incroyable.....courtilière "accidentée"....mais vrai ! ? ! ? !
Notez la position des appendices, et surtout leur parfaite et troublante symétrie, à commencer par les volumineuses pattes fouisseuses donnant l'impression que la bestiole se tient littéralement la tête.... " à deux mains". Plus surprenante encore est la position "à la retourne" des élytres, qui encadrent pareillement l'avant-corps de l'insecte. Notez enfin la position des ailes proprement dites, au demeurant normalement étalées, mais avec cassure de la nervure costale droite, et déchirure de la membrane alaire des 2 côtés.
 
Déjà bien peu ordinaire par sa morphologie, et par une aptitude au vol faisant fi de sa corpulence et de son poids, la courtilière se singulariserait-elle aussi par la faculté de " s'aérodynamiser" lors de ses essors ?
 
Si quelqu'un a des infos sur le sujet, je suis évidemment preneur...
... et même des deux mains, car cette image ne cesse de m'intriguer !
 
2 ème épisode !
 
Sur courtilière non "scotchée", et en l'ocurrence intacte, j'ai pu vérifier ce qui m'intriguais le plus, à savoir la position "à la retourne" des élytres. A ma grande surprise c'est morphologiquement possible, et les photos ci-dessous en attestent !
 
courtilière avec élytres à la retourne (vue dorsale) courtilière avec élytres à la retourne (vue latérale)
Posture d'intimidation ? ....telle l'attitude spectrale de la Mante religieuse ? ....ou "aérofreins" pour atterrissages en douceur ? ....ou autre ?
 
 
....reste à savoir la vraie raison d'être de cette curieuse particularité, et là je suis toujours preneur !
 
 
 
FIN
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr