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- LE CIGARIER
(Deporaus betulae)
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- (
Coléoptère Curculionidae )
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Avant d'entrer dans le vif du sujet, il
me semble bon de situer ces insectes dans leur contexte "familial ",
lequel est caractérisé par le foisonnement des
espèces, et par des particularismes biologiques qui
s'apparentent parfois à de véritables
"curiosités".
Les "Cigariers" sont de petits
Coléoptères qui relèvent de la gigantesque
famille des Curculionidae, autrement dit des "Charançons", au
sens très large du terme. Les "membres" de cette famille sont
principalement caractérisés par la présence d'
un "rostre" plus ou moins allongé, lequel prolonge la
tête et porte les pièces buccales à son
extrémité. Le rostre en question peut parfois
égaler la longueur du corps, comme chez les Balanins que j'ai
la faiblesse de trouver charmants (ci-dessous).

- Suivant les espèces, les
larves des curieux balanins évoluent dans les glands ou les
noisettes.
- A l'inverse le rostre peut être
court et massif, comme chez la Bruche du haricot (cf. page entomo)
bestiole qui sous forme de larve ou d'adulte peut se retrouver
dans votre assiette, et bien souvent aller au-delà à
votre insu. Personne n'en meurt (à part l'insecte!), mais
sauf à être entomophage (voir page entomo!)
défiez-vous de la "mojette" ou du "lingot" porteur d'une
petite tache noire plus ou moins diffuse. Il s'agit en effet de la
bruche qui attend tranquillement son heure, et transparaît
ainsi sous l'enveloppe du haricot où sa larve s'est
développée. Quant à cette
dernière disons qu'elle se confond aisément avec le
germe de la graine....no comment !
-
-
- Les
"Cigariers"
L'espèce
qui a initié cette page entomo est le Deporaus betulae
(= femoralis Latr. = femoratus ol.), lequel vit donc sur le Bouleau,
mais aussi sur l'Aulne, ou encore le Charme. Adultes et larves sont
phytophages, comme le sont tous les Curculionidae.
L'insecte (ci-contre), est noir, très
petit, et la traditionnelle allumette permet d'en juger. Le
mâle se distingue aisément par l'ampleur de ses
fémurs postérieurs ( bestiole de droite), lesquels
valent largement les biceps du célèbre "Popey". Reste
que tout le mérite de l'ouvrage revient à la femelle,
le minuscule insecte témoignant pour ce faire d'une force
très inattendue, et d'un savoir faire qui pour être
instinctif n'en surprend pas moins.
- Il est des espèces plus grosses
(de l'ordre du double), et plus vivement colorées (comme
ci-dessous). Il en est surtout de nuisibles, notamment pour la
vigne, l'insecte adulte provoquant la chute des jeunes pousses en
les attaquant à la base.
-
- Quelques
exemples
de cigariers très "colorés"
-
- Chez les Cigariers tout se passe au
niveau de la reproduction, et en l'occurrence de la ponte. Notre
Deporaus betulae ne fait pas exception à la règle,
et on peut même dire qu'il compte parmi les espèces
les plus "douées", comme les cigares ci-dessous en
témoignent.
-

- Ces 4 exemples montrent le
découpage classique, et en quelque sorte standard. Les
variantes, voire les "ratés" (si l'on peut dire), ne sont
pas rares, qu'il s'agisse de la découpe de la feuille ou de
son enroulement. A droite: cigares "in situ" (ensemble et
détail)
-
-

- Découpage d'une feuille
d'aulne de 7 cm de large
- (je rappelle que notre bestiole
fait 3 mm de long, et le rostre quelques
dixièmes)
-
-
- Il va sans dire que tout cela
représente un véritable travail de titan, et que
l'insecte n'a pas trop de ses 6 pattes (et de son rostre!), pour
le mener à bien. Là encore l'illustration ci-dessous
est particulière éloquente.
-
- A noter qu'il n'est pas toujours
évident de trouver la bestiole, et encore moins de la
surprendre en plein ouvrage, car outre sa petitesse elle s'envole
volontiers ou se laisse tomber non moins facilement. A noter
également qu'une même femelle est à coup
sûr capable de confectionner plusieurs cigares, mais j'avoue
en ignorer le nombre. A l'occasion, merci à qui pourra me
le préciser!
-
- l'oeuvre....
.....et
son artisan !
- à gauche:
remarquer la taille du cigare (frais fait vu la couleur), en
regard de l'allumette.
- à droite:
remarquer celle de la bestiole en regard de son
"cigare"
- ( à l'évidence ces
images donnent toute la mesure de la tâche, et de
l'énergie déployée par la mener à
bien).
-
- Selon l'espèce, le "cigare"
servira de réceptacle à un ou plusieurs oeufs, puis
le moment venu de nourriture pour la, ou les, larves. Les choses
sont cependant moins simples qu'il n'y paraît, car le cigare
en question doit impérativement tomber, et cela pour 2
raisons. D'une part la nymphose de l'insecte se fait dans le sol,
et d'autre part le cigare doit bénéficier d'une
certaine humidité pour être consommable. En d'autres
termes un cigare qui ne tombe pas devient rapidement immangeable
pour la jeune larve, car trop dur, et surtout trop sec , comme le
saucisson du même nom peut parfois le devenir.
-
- Par voie de conséquence, la
nervure centrale doit être attaquée "pile poil" de
façon à permettre à la fois la confection du
cigare, et sa chute ultérieure, ( à l'occasion d'un
coup de vent par exemple). Trop attaquée, et le futur
cigare tombera en cours d'ouvrage. Pas assez attaquée, et
le cigare restera appendu, ou tombera trop tardivement,
d'où la condamnation ipso facto de la larvule.
-

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- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
