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les Rosalies des alpes
 
Rosalie des alpes mâle (Rosalia alpina)Il y a une éternité de cela…
 
Comme tout débutant je rêvais de trouver la fameuse Rosalie des Alpes. On la disait présente sur les bords de la Loire nantaise, mais j'avais du mal à concevoir que la belle montagnarde puisse ainsi venir flirter avec l'océan.
 
Après bien des illusions, et non moins de déceptions, j'ai fini par croiser le chemin du bel insecte. C'était sur une île du grand fleuve, laquelle est aujourd'hui totalement urbanisée.
 
Par-delà le couple trouvé, j'avais le sentiment de détenir le plus précieux des sésames, en ce sens que dorénavant je savais "où, quand, et comment" trouver le bel insecte.
 
L'avenir s'annonçait donc prometteur, mais contre toute attente pas une seule Rosalia daigna se montrer l'année suivante, et pas davantage celles à suivre. J'en éprouvais évidemment une certaine déception, même si la rareté attribuée à l'insecte se voyait par le fait confirmée.
 
Bien des années plus tard je suis de nouveau tombé sur la bestiole, mais cette fois fin juillet, et là j'ai enfin tout compris. De fait mes premières captures dataient d'un 14 juin, ce qui était particulièrement précoce, car les émergences se situent normalement dans la seconde quinzaine de juillet, du moins pour la région!
 
Trouver Rosalia est dès lors devenu quasi formalité, et bon nombre de nouvelles stations ligériennes sont venues confirmer une expansion régionale toujours d'actualité.
 
A l'époque j'ai même eu l'occasion d' "expérimenter", et ce de bien de curieuse façon…
 
Plus que dépérissant l'énorme frêne têtard avait été mis à bas par la tempête (aidé en cela par le poids des ans!), et les gracieuses bestioles déambulaient sur le tronc par dizaines. L' idée m'est alors venue de les marquer, l'essentiel étant de voir si elles restaient là où elles s'étaient développées, ou au contraire si elles migraient volontiers aux alentours.
 
Un fil de coton rouge à la patte devait s'avérer très commode et j'ai pu constater que la plupart des Rosalia demeuraient sur place (sans doute tant que l'arbre restait pour elles exploitable). Fort de ce premier constat, un second contingent a été marqué avec des fils verts, puis relâché sur des frênes sains dans un rayon de 100 à 150 m. Là encore l'attraction du lieu de naissance s'est avérée indéniable, car dès le lendemain bon nombre de "fils verts" évoluaient déjà parmi les "rouges".
 
Durant plus d'une semaine les visites ont été quotidiennes, jusqu'au jour où de loin j'ai aperçu un couple de corneilles juchées sur "mon" tronc. Très vite mes craintes se sont confirmées, car si les Rosalia étaient bien là, toutes étaient amputées de leur abdomen. Elles l'étaient même fort proprement, car peu d'élytres ou de pattes s'en trouvaient dissociés.
 
Par acquis de conscience je suis revenu le lendemain, mais les corneilles étaient tranquillement posées sur des piquets de clôture, à deux pas du tronc, et les pattes encore frémissantes de quelques Rosalia mutilées attestaient de la vigilance des prédateurs.
 
Pour conclure je dirais qu'on peut être corvidé… et avoir néanmoins le bec fin, si je puis dire !
 
 
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